Un petit bout de moi en mots

"On ne pense que par image. Si tu veux être philosophe, écris des romans." Albert Camus

 

Qu’est ce que la philosophie ?

17 juillet 2013, 00h08 :

Je vais vous dire ce qu’est la philosophie, je vais vous dire comment je la vois, comment je la ressens, comment je la perçois. Je vais vous dire ce qu’elle est pour moi, ce qu’elle représente. La philosophie, au delà d’être cet universel que l’on cherche, cette vérité que l’on tend à approcher, cette recherche du bonheur, c’est … c’est tout un monde mais sans barrière, sans frontière. La philosophie n’est ni substance ni territoire, la philosophie c’est tout. C’est dans nos réveils difficiles, c’est dans nos pénibles journées, c’est dans le sourire d’inconnus aimables, c’est dans ces livres qui nous attendent sagement dans les bibliothèques, c’est dans ces lieux dont l’histoire transpire sur leurs murs. C’est toute notre vie et ou du moins toute la mienne. La philosophie ce n’est pas seulement un professeur, des élèves et une salle de classe, ce n’est pas seulement un homme à moitié fou qui délire dans un langage incompréhensible, le regard comme fou. Ce n’est pas répondre à toutes les questions d’un air condescendant et satisfait, ce n’est pas avoir toujours raison, ce n’est pas passé sa vie à rédiger des thèses et des livres longs et ennuyeux. Ce n’est pas finir au fond d’un carton à insulter les passants, ce n’est pas être un parasite bavard qui s’accroche à la société comme une tique avide de sang, ce n’est pas une volonté constante de tout remettre en cause, de tout contester quitte à passer pour un anarchiste. Ce n’est pas être anarchiste. La philosophie c’est une autre façon de voir le monde, c’est s’ouvrir à lui avec plus de force et d’énergie qu’on ne l’a jamais osé. C’est parlé avec le monde, dialogué avec lui, apprendre de lui. La philosophie ça se vit, ça vit. C’est en nous, ça fait parti de nous comme l’air que l’on respire, comme les battements de notre cœur. La philosophie c’est ouvrir de grands yeux étonnés sur le monde, sur ce qu’on découvre, sur ce qu’on apprend. C’est être possédé par la passion de savoir, d’aimer le savoir. Plus on en sait et moins on a l’impression d’en savoir mais qu’importe on n’est jamais déçu, on veut aller plus loin, être plus près encore de la philosophie. On voudrait la toucher si elle était sensible, on voudrait lui parler si elle était physiquement humaine, on l’aime. On l’aime avec cette même passion que l’on aime l’aimé et plus encore peut-être. On goûte chaque jour au bonheur qu’elle nous donne lorsqu’alors tout semble ne pas aller. Elle surgit au détour d’un mot, d’une phrase, d’une idée et nous fait oublier nos désillusions. Elle nous déconnecte du monde et pourtant on y est encore plus lié que si l’on se contentait de le regarder comme on le fait naturellement. La philosophie nous permet le doute, nous interroge, nous remet en question mais elle nous console aussi, elle nous surprend, nous étonne, nous émerveille chaque jour plus encore que la veille. La philosophie c’est être nous-même, c’est faire transpirer par tous nos pores, à travers notre peau ce que nous sommes. La philosophie c’est quand ces professeurs nous font cours avec ce sourire de bonheur irréductible, avec ces regards flamboyants de passion démente et qui nous tiennent en haleine, comme dans un livre de fiction, où tout peut arriver, à n’importe quel moment lorsque soudain la philosophie nous prend et on voyage, on voyage dans le temps, dans l’espace, dans notre esprit, dans le monde sans faire un mouvement. On touche à l’intouchable, on ressent l’insensible, on voit l’invisible. La philosophie c’est ce manque qui nous comble, ce désir qui ne nous fait pas souffrir, ce plaisir indescriptible que nulle autre chose au monde n’est capable de procurer. La philosophie c’est la plus unique des choses qui touche à tout, qui traverse tous les mondes, tous les temps et qui jamais au grand jamais ne nous déçoit. La philosophie ça me rend le sourire, ça me remplit quand je me sens vide, vide de sens, vide d’idées, de pensées, vide de joie. La philosophie me fait me sentir à ma place. La philosophie c’est un morceau de moi ou peut-être suis-je un morceau d’elle, je ne sais pas. Qu’importe au fond, j’aime la philosophie plus que je ne saurai jamais aimé quelqu’un de la sorte. Chaque jour elle change ma vie, mon monde, mon regard sur les choses. Chaque jour elle m’apporte plus que ce que quelques uns m’ont apporté en plusieurs années. Et quand bien même il me semble que rien ne me sourit, la philosophie, à travers le titre d’un de mes livres prônant fièrement dans ma bibliothèque, me rappelle qu’elle est là et le sera toujours. Oui je peux le dire, j’ai fais une rencontre qui a bouleversé ma vie quand j’ai rencontré la philosophie. Elle est plus qu’une discipline à mes yeux, elle est l’amie qu’il manquait à ma vie.
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Par unpetitboutdemoienmots
Le 3 janvier 2014
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Les amoureux des livres

 

Oeuvres romanesques, Sartre, Collection Pléiade. Sur ma terrasse :)
Œuvres romanesques, Sartre, Collection Pléiade. Sur ma terrasse :)
 
31 mai 2013, 23h10 :
 
Je fais partie de ces gens que l’on appelle de ce petit nom que j’affectionne « des amoureux des livres ». Loin de n’être qu’un terme désignant des personnes ayant un goût prononcés pour la lecture, les amoureux des livres sont, il me semble, plus que des lecteurs avertis, ce sont réellement des amoureux. Les amoureux des livres n’aiment pas seulement le contenu que leurs chers et tendres vont contenir mais aussi tout ce qui fait que le contenu à la possibilité d’être contenu.
Avant même d’ouvrir un livre, un amoureux des livres va s’en emparer pour le sentir, humer l’odeur de l’encre et du papier qui tantôt vous pique le nez ou vous détend. Cette odeur si particulière qui fait du livre entre nos doigts ce nouvel ami que nous allons apprivoiser. Puis il faut alors toucher les pages, la couverture, sentir sous les doigts la texture du papier, le relief léger du titre, tourner et retourner pendant de longues minutes ce livre, objet sacré entre nos mains, que l’on ouvre et que l’on referme comme s’il contenait ce secret que nous cherchons sans très bien savoir quelle est réellement sa nature. Noble et silencieux, il intimide et attire. Il n’y a pas de mots pour décrire les sentiments et l’attitude que la simple présence d’un livre, neuf ou ancien, peut nous faire éprouver. Digne d’une relique, si il a été désiré, il devient notre Graal perdu, ou plutôt, celui que l’on a trouvé.
Cet objet apparemment sans vie se retrouve, entre les mains de l’amoureux des livres, comme un être doté du pouvoir d’exister au même titre que n’importe quel inconnu que nous pourrions croiser dans la rue. Pourtant il a plus d’allure, plus de classe que la plupart de ces gens que l’on croise chaque jour sans vraiment les voir. C’est qu’on aime ces livres. On les aime comme des parties de nous bien qu’en réalité il ne soit plus véritable que des parties de d’autres, eux, les auteurs, ceux qui nous délivrent par le biais de nos amants que sont les livres, un petit morceau de ce qu’ils sont. Mais lorsque l’on est un amoureux des livres, ce n’est pas encore l’auteur que l’on aime, c’est véritablement l’objet-livre, son existence matérielle entre nos mains. Qu’importe au fond qu’il ne soit pas doté d’animation, sa simple présence dans nos bibliothèques rend parfois à la vie, grâce à ces regards amoureux qu’on leur lance parfois, ce bonheur que l’on ne trouve nulle part ailleurs.
Alors on les bichonne, on les dépoussière, on les range, on les classe et c’est parfois une terrible déchirure de voir à quelle vitesse ils ont vieilli. Seulement c’est là aussi que l’on reconnaît le livre d’un amoureux des livres. Les pages cornées d’avoir été trop souvent tournées, la couverture pâle et le blanc jauni des pages, c’est comme ces vieilles photos sépia que l’on retrouve dans les albums photos de nos grands parents. On y retrouve avec un faible sourire les souvenirs qui les concerne, les lieux où ils nous ont accompagné, les gens qu’ils ont rencontré, les mains qui les ont touché…
Mais au delà de tout ceci, les amoureux des livres vouent un respect total et entier à ces objets du quotidien qui sont à leur yeux autant de trésor sacré. Cela me rappelle ce professeur de français que j’avais lorsque j’étais en première. Je n’ai compris que plus tard, en agissant de la même manière que lui avec les livres, qu’il était un amoureux des livres. Quoi de plus normal, me direz-vous, pour un professeur de français. Seulement, c’était au delà de ce que je pensais.
Beaucoup d’amoureux des livres aiment, en bon lecteur qu’ils sont, cornés les pages pour la marqué lorsqu’ils interrompent leur lecture. Quoi de plus basique que cela ? Rien, sans aucun doute. Ces pages pliés accentues la vieillesse du livre et les souvenirs qui s’y rapportent, le rendant sans doute à nos yeux, plus honorable encore que lorsqu’il était neuf. J’étais de ces amoureux là, habituée à plier les pages pour quelques raisons que ce soit. Mais un jour de cours, tandis que nous étudions la peste de Camus, une grande partie de la classe n’assistant pas au cours à la suite de grève, je me retrouvais à étudier un des textes du livre, pliant parfois les pages sous le regard du professeur. Je me souviens qu’il était venu à ma table et m’avait dit, comme s’agissant d’un sacrilège : « Non, ne pliez pas les pages ! » et était ensuite retourné à son bureau. Il avait cherché quelques minutes dans sa mallette marron une vieille photocopie froissée dont il avait ensuite coupé quelques bandes. Revenant vers moi, il me les avait donné, pour que je cesse le carnage que je faisais avec les pages de ce pauvre Camus. Que j’écrive au crayon à papier dans le livre ne le dérangeait pas, lui-même le faisait dans le sien, mais à la vue de mes pliages sauvages, il avait comme été pris de pitié pour mon pauvre livre que je traumatisais à vie. Plier des pages était pour lui un moyen infaillible d’abimer le livre. Il avait raison sans aucun doute. Depuis ce jour, je ne plie plus une seule page de mes livres, je découpe bandes de papiers, utilise des post-it ou autres morceaux de papiers me permettant d’éviter mes anciens carnages. Mes livres gardent ainsi une part de leur jeunesse d’antan et quand malgré tout mes efforts je n’ai pas de papiers sous la main, c’est avec désespoir que je corne un minuscule coin de mon livre, en espérant que cela ne le marquera pas à vie. Je mets ainsi chaque fois un point d’honneur à ne plus leur faire subir ce martyr et pense parfois à ce professeur, songeant qu’il serait sans doute heureux de voir ma conversion à sa façon de marquer les pages.
Je parle de ce professeur parce que c’est le premier que j’ai découvert avec un tel respect et une telle passion pour ses livres. Un véritable professeur de français, je dirai même, de littérature, qui au delà du simple fait d’aimer ses lectures, aimait tout autant ses livres.
Et c’est en cela, que l’on reconnaît de véritables amoureux des livres qu’ils cornent les pages ou non. Ce ne sont pas de simples lecteurs, amoureux d’un contenu, ce sont des amoureux de la forme qui permet de contenir. Et bien qu’il ne faut pas juger un livre à sa couverture, les amoureux des livres le font, d’une certaine manière, bien qu’à leur yeux n’importe quel livre devient cet être que l’on aime pour ce qu’il est.
 
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Une amie bienfaitrice, un ange gardien

Vivre pour sa passion. Se vouer à elle au point qu’elle devienne notre raison de vivre. L’avoir en tête au réveil, sans même penser à quoi que ce soit d’autre et s’endormir le soir en y pensant, en ne songeant à rien d’autre. Être pour ainsi dire « soumis » à cette passion. Lui donner l’exclusivité de nos pensées, de nos actes, de nos paroles. La rendre unique à nos yeux, belle, plus encore que toutes les beautés que le monde peut nous offrir. S’oublier avec elle. Et cette sensation de plénitude, de bien-être infini qui nous enveloppe, nous entoure, nous calme et nous rassure. Lorsque les temps se font difficiles et qu’alors la vie semble vouloir nous faire baisser les bras, notre passion nous apaise, nous détend. Comme une amie bienfaitrice, un ange gardien, elle est là, toujours là, quelque part. Elle attend que nous soyons prêts à la laisser s’exprimer, à la laisser nous envahir, nous réchauffer de l’intérieur. Subtilement, elle s’installe en nous. Les douleurs, les peines, les malheurs et les soucis, avec quelques mots ou quelques gestes, elle les éloigne, les repousse. Béats et sereins, nous sommes fins prêts à l’écouter nous parler. Et soudain nous voilà transportés ailleurs, loin. Loin de cette vie qui n’est pas toujours à la hauteur de nos espoirs, loin de ce et « ceux » qui nous font mal, loin de nos désirs destructeurs, loin du monde réel, matériel. Nous ne sommes plus tout à fait nous-mêmes et pourtant nous sommes vraiment, enfin. Nous sommes nous, plus que jamais, c’est encore plus fort, encore plus vrai, encore plus… Il n’y a plus de doutes à avoir, plus d’angoisses, nous ne faisons plus qu’un. Perdus à des années-lumières d’une réalité imparfaite, il ne suffisait que d’un voyage imaginaire pour nous trouver, pour se retrouver, se découvrir et se redécouvrir. C’est comme si l’on plongeait dans un bon bain chaud après la plus rude de toutes les journées. C’est un délassement. Soudain les choses brillent d’un éclat nouveau, c’est une lumière claire, pure, plus belle encore que les premières lueurs du jour, plus magique encore que les étoiles dans le ciel par une nuit d’été. Nous voilà seuls avec elle et pourtant la solitude n’est plus qu’un mot usuel qui n’a pas de sens. Une seule chose nous obsède, nous hante, nous possède : elle, cette passion dévorante, inassouvie, insatisfaisante mais qui pourtant nous comble chaque seconde un peu plus. L’euphorie nous gagne, on a envie de rire, de crier, de hurler à la Terre ô combien cette passion-là est toute notre vie. Une joie sans nom s’empare de notre cœur et nous voilà, voguant sur les flots du bonheur, incapables d’apercevoir notre destination, indifférents d’ailleurs à celle-ci. Mais, comme dirait un certain Alfred « Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ? », enivrons-nous sans compter, sans savoir très bien où aller, je préfère encore le voyage à sa destination.

Encore plus merveilleux que les plus délicieuses mélodies, encore plus fort que les plus belles romances, notre histoire d’amour avec cette passion est ce que nous connaîtrons sans doute de plus beau. C’est bien d’ailleurs parce qu’elle ne s’attache à personne, que nous nous enchaînons à elle. Mais quelle douce chaîne que d’avoir une passion ! Quel plaisir immense que d’aimer d’amour, quelque chose que seul celui qui s’y attache peut comprendre ! Et dans nos yeux, notre cœur et notre corps tout entier, s’installe alors cette affection enflammée. Nous voilà amoureux, véritablement amoureux. Amoureux d’une passion, amoureux de ce sentiment aliénant qui pourtant nous rend libre. Enfin, nous voilà libres. Ayant choisi de nous donner à elle, la prison semble bien vaste, à vrai dire, on n’en voit pas réellement les frontières. On ne les cherchera pas. A quoi bon ? Plonger dans ce vaste océan d’euphorie, nous voudrions nous noyer dans ce plaisir. Et à ce moment précis, plus personne ne nous comprend, pas même ce « nous » que nous avons laissé à l’entrée, juste avant de dériver. Mais quand finalement il nous faut refaire surface, la passion, comme une petite voix rassurante, s’agite, murmure et rit à l’intérieur de nous. Le monde se matérialise de nouveau, nous revoilà, nous et notre corps, nous et notre vie. Seulement comment voir les choses comme elles étaient après ceci ? Et à chaque manifestation de notre passion, le monde est, à nos yeux, encore plus différent qu’avant.
 
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J’aime les mots

 

J'aime les mots
23 février 2013, 00h24 :
Les mots. J’aime les mots. Vraiment, réellement. Je ne pourrais jamais trahir les mots, ils représentent beaucoup à mes yeux. Je les aime c’est tout. Et pourtant, combien de fois m’ont-ils trahi, combien de fois me trahiront-ils encore, qu’importe dans le fond, à aucun moment il n’a été question qu’ils ne nous soient fidèles, ils ne demandent rien, c’est nous qui les invoquons. Certains les dénoncent avec agressivité, voir même avec une méchanceté féroce, dans l’espoir de démontrer que les mots ne sont rien, qu’ils ne valent rien. Seulement ils ont besoin de ces mêmes mots pour le faire, tout comme ceux qui les défendent et les protègent, à tout prix, ceux là aussi ont besoin des mots pour le faire. Et ceux qui ont alors tenté de les théoriser, de les expliquer, de les rendre mathématiques et logiques, à mes yeux, les dénaturer en somme. Pourquoi donc chercher à expliquer les mots ? Que nous ont-ils fait ? Si l’on y pense, pas grand chose. Malgré cela, ils détiennent un grand pouvoir. Plus grand que n’importe quel pouvoir qui puisse exister. En effet, ne peut on pas autant faire naître un homme que de le détruire avec la force et la vigueur de quelques mots soigneusement choisis ? Et alors, n’est ce pas dans le fond l’intention profonde de la personne qui a prononcé et écrit ces mots qui fait réellement quelque chose ? Ne peut-on pas dire qu’en somme, les mots ne sont qu’un outil parmi tant d’autres pour faire quelque chose aux autres. En bien ou en mal et même les deux parfois. Une arme aussi destructrice que constructive. Le paradoxe même. Les mots faits pour exprimer et pourtant insuffisant à notre expression, les mots en si large diversité de sons, de formes, de traductions et de langues ne suffisent jamais. A chaque mot prononcé, chaque mot écrit, ils nous trahissent, nous trompent et pourtant sont encore la chose qui nous permet d’être sincère dans un certain nombre de circonstances. Inutile de dire que les gestes peuvent autant nous trahir que les mots, bien que ces derniers sont sans doute beaucoup plus « conscients » si je puis dire, que les mots eux-même. Les mots ne font pas exprès de nous tromper, comme peuvent le faire des gestes qui, eux, dépendent de l’intention et du message que veut délivrer leur auteur, mais les mots sans le savoir, nous dépossèdent de ce que nous voulons vraiment exprimer. Évidement, d’autres avant moi ont réfléchi à la question et disaient ce que je résume ici grossièrement, mais je pense qu’ils avaient raison. Des traitres, voilà ce que l’on pourrait dire qu’ils sont si l’on souhaitait réellement les remettre à leur place. Cette bande de sons, de lettres et d’accents qui, tour à tour, nous ennuient, nous attristent, nous éloignent, nous rapprochent, nous exaspèrent, nous mentent, nous rendent justice, nous insultent, nous blessent, nous mordent, nous agressent, nous piègent, nous parlent… Et pourtant ils sont là, faisant parti intégrante de chacune de nos vies, ils savent tout mais ne disent dans le fond pas grand chose. Inventer ces mots a-t-elle été une si bonne chose pour nous ? Là encore les avis divergent, pourquoi aurait-ce été une bonne ou une mauvaise idée ? N’est-il pas trop tard pour se poser la question ?
Mais un certain de nombre de ces considérations me sont, il faut l’avouer, bien égal. J’aime les mots. J’aime ce que certains ont à dire, j’aime moins ce qu’en font d’autres à des fins plutôt douteuses. Mais malgré cela je crois en la beauté des mots. Oraux, écrits, utilisés à bons escient, par les bonnes personnes pour dire les bonnes choses ou du moins, celles que nous sommes prêts à entendre, je crois que les mots peuvent être beaux. Non, ils ne peuvent pas être beaux, ils sont beaux. Et dans n’importe quelle langue. A la fois amis et ennemis, les mots sont pour moi une des choses les plus importantes au monde. Combien de fois un simple « Salut ça va ? » prononcé avec le sourire m’a rendu le mien, combien de fois un compliment dissimuler a égayé ma journée, combien de fois même des mots que j’ai lu, écrit par d’autres gens à l’intention de tous, ont fait naître en moi ce bonheur de pouvoir à mon tour connaître ces mots là en étant à la fois récepteur lambda mais aussi lecteur privilégié, croyant naïvement que peut-être ces mots là me sont destinés, à la façon d’une espèce d’oracle, là pour nous empêcher de nous éloigner de notre but lorsque nous pensons que tout est couru d’avance. J’aime les mots comme on aime sa famille, ses amis, nobles et fières, ils envahissent notre vie, la possèdent tout entière. Prisonnier de leur sens, nous sommes incapables de les utiliser correctement. Qu’importe pour ma part, s’ils me trahissent souvent, si je ne les emploie pas toujours comme il conviendrait ou encore si justement je n’arrive pas à les retrouver voir même, à les prononcer quand il le faudrait, sans eux, sans doute, je ne pourrai vivre plus longtemps. Sans m’exprimer. J’ai besoin d’eux, presque autant qu’on a besoin de manger, de boire, de respirer ou de dormir. Ayant découvert assez tôt que j’étais capable moi aussi d’utiliser les mots, j’ai choisi d’en faire des amis et j’ai alors découvert qu’il suffisait parfois simplement de les « imprimer » sur du papier pour laisser quelque part, à l’abri de biens des tourments, quelques fragments d’une pensée si difficile à faire parler.
 
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Les philosophes

 

Les philosophes
6 décembre 2012 :
A vrai dire, les philosophes sont, de mon point de vue, loin de l’image première que l’on s’en fait. On s’imagine des êtres solitaires, le nez plongé dans d’épais livre poussiéreux, passant leur journée et leur nuit à ruminer des textes dans l’espoir d’apercevoir ne serait-ce qu’une lueur de vérité. Les philosophes ne sont pas tellement des personnes comme celles là. Au contraire. Je pense que les philosophes sont justement des personnes qui aiment les gens. Des personnes qui aiment échanger et partager, qui aiment communiquer avec autrui. Après tout, aussi loin que l’on puisse remonter dans la philosophie, les plus grands maîtres penseurs étaient les premiers à dire que la recherche de la vérité passe par le dialogue et qu’autrui est celui qui permet à chaque homme de se découvre lui-même. Les philosophes sont des hommes de la communication, du partage et de l’échange. Ils ont, je crois, besoin des autres, de leurs amis, de leur famille, de personnes extérieures pour provoquer en eux ces sentiments qu’aucun livre ne pourra leur faire ressentir. Il y a chez eux, certes, une passion peut être démesurée aux yeux de certains, concernant la réflexion et la poursuite de la vérité, la découverte de la sagesse, le plaisir de l’apprentissage et le bonheur de penser mais je suis convaincue, qu’un philosophe qui se respecte est un homme qui aime autrui. Éprouver du plaisir à lire, à penser, à chercher, c’est tout simplement fantastique, mais comment profiter pleinement de tout ceci si il n’y a pas en face de soi un interlocuteur avec qui le partager. C’est dans le regard de ces personnes. Certains de nos professeurs, même, ont dans le regard cette lueur démente de la passion qui les anime avec tant d’ardeur, qu’il est lisible à leur façon de faire leurs cours, qu’ils cherchent dans nos jeunes regards encore naïfs s’il n’y a pas cette étincelle qui luit. Ils bégayent presque, leur pensée allant plus vite que leurs paroles, un flot continue d’un bonheur qui se renouvelle à chaque fois qu’ils parlent de ce qu’ils aiment. Ils en deviendraient presque aussi fou que ces amants maudits des romans de littérature. Leur amour pour ce qu’ils font et le bonheur qui en découle de pouvoir le partager avec d’autres est tellement énorme, que seul celui qui ne comprend rien à la philosophie ne comprendra pas pourquoi ces élans de « folie ». Les philosophes sont des fous ? Pas tellement. Des asociaux ? Loin de là. La vérité, il me semble, c’est que justement ils ne savent pas transmettre les choses de la même manière que tout le monde. Certains ont besoin d’exubérance dans les gestes, dans les paroles, d’autres sont obligés de s’arrêter quelques minutes, le regard dans le vague, comme dans un autre monde, une autre dimension tellement le langage humain est pauvre pour les aider à s’exprimer. Les vraies philosophes ont besoin des autres pour pouvoir vivre et faire vivre leur passion. Seulement ils ne savent pas s’adresser aux gens comme ces derniers le voudraient. Alors les gens ont peur, ils collent une étiquette et prétendent que ce sont des fous. Des illuminés. Mais c’est faux. Dit on d’un amoureux que c’est un illuminé, qu’il est fou ? D’amour peut être, mais alors, les philosophes sont simplement fous de savoir et de connaissances ! Originaux ? Oui. Étrange ? Oui. A des années lumières de ce qu’on a l’habitude de voir ? Oui. Ils n’ont pas peur d’eux même à vrai dire, ils sont ce qu’ils sont et l’expriment. Les gens les fuient, les jugent. Je trouve au contraire que ce sont des personnes tout à fait extraordinaires ! Sans adhérer à tout ce qui a été dit, on peut être d’accord, ou non et se laisser aller à être ceux que l’on est vraiment. Parce que c’est cela qui compte, le vrai. Que ce soit en nous, hors de nous, ce que l’on apprend de la vie ou ce que l’on apprend sur nous. Être vrai. Il faut parfois savoir prendre les choses à l’envers pour pouvoir les remettre à l’endroit, ou simplement monter sur une table pour avoir un œil nouveau sur une situation. Mais qui ose vraiment le faire ? Si dans le fond, au delà de leur passion « dévorante » qui leur fait engloutir quantité de livres inimaginables et parler en langage semi-codé pour le commun des mortels, ne sont-ils pas, eux aussi, humains ? Hommes dotés de sentiments humains mais qui cherchent à comprendre, à savoir, et à se connaître ? Je crois que pour un philosophe, autrui, l’autre en face de soi est celui qui peut nous apporter les réponses qui ne sont pas inscrites dans les livres et même avec, quand on y pense, n’y a-t-il pas un petit morceau de l’âme de ces illustres maîtres, cachés entre quelques lettres imprimées qu’ils nous ont légué, faute de ne pas avoir pu être présent pour nous enseigner leur pensée ? A mes yeux, le philosophe n’est pas un ermite solitaire qui terminera sa vie au beau milieu des livres sans famille ni ami. Certes, il aura cette passion des livres, mais il a besoin non seulement de famille et d’amis mais aussi d’élèves, de disciples, auxquels transmettre cette « philosophie de vie ». Car dans le fond, la philosophie, n’est ce pas, au delà d’un simple domaine de connaissance, toute une manière de voir et d’appréhender la vie ?
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Les plus belles histoires d’amour sont celles qui, aux yeux du monde, n’en sont pas.

 

Les plus belles histoires d’amour sont celles qui, aux yeux du monde, n’en sont pas
14 décembre 2012, 22h40 :

Les plus belles histoires d’amour sont celles qui, aux yeux du monde, n’en sont pas. Je ne suis suffisamment philosophe pour me permettre d’affirmer avec certitude ce qui va suivre, mais je peux dire avec certitude ce que j’en pense. L’humain cherche l’amour. C’est un fait véridique et avéré. Mais on ne dit jamais quel amour il cherche. J’aime d’amour une grande quantité de choses, la musique, les livres, la philosophie, l’écriture, mon trèfle à quatre feuille, ma bibliothèque, ma fac… J’aime aussi d’amour un certain nombre de personne. Je crois qu’il est assez clair ici que je ne parle pas de sentiment amoureux. Je parle de l’amour, le sentiment qui nous fait aimer tout court. Pourquoi vouloir distinguer ? On dit « j’aime » pour bien des choses, y compris nos statuts et publications facebook. A-t-on donc oublier la base de ce qu’est « aimer » ? Être célibataire, en couple, ce ne sont que des mots futiles qui ne servent qu’à nous conforter dans une condition. On nous plaint d’être seul, on nous félicite d’être deux. A-t-on vraiment besoin d’être deux ou d’être seul ? J’aime beaucoup de monde. De l’ami le plus proche que j’ai en passant par les membres de ma famille jusqu’à cette personne qui s’excuse de me bousculer dans un couloir avec un sourire plus sincère qu’on en a jamais connu. J’aime les bons souvenirs que j’ai gardé, j’aime les chansons qui me mettent de bonne humeur, j’aime mes professeurs, j’aime ce que je fais, j’aime les gens que je rencontre, j’aime mes animaux. En vérité ça fait des années que j’essaie d’expliquer ça et des années que j’échoue. Je reviendrai sur ma première phrase, je vais essayer de l’expliquer. « Les plus belles histoires d’amour sont celles qui, aux yeux du monde, n’en sont pas. » je crois qu’il y a des personnes qu’on aime, avec lesquelles il y a vraiment quelque chose de différents d’avec les autres qui fait que, lorsqu’on est avec on se sent… vraiment nous même et on sait qu’on peut faire une confiance totale et aveugle à cette personne. Mais je pense qu’il y a aussi l’amour qu’on éprouve pour quelque chose qui nous passionne. Et si cette chose qui nous passionne nous remplit de l’intérieur par le simple fait qu’on fait tout pour en savoir plus, pour… Prenons l’art. La musique, le dessin, la peinture ou l’écriture par exemple. Ce sont des domaines qui passionnent un certain nombre de personnes. N’est-il pas vrai que ces artistes sont avec leur art comme avec une personne qu’ils aiment ? Le peintre n’oublie-t-il pas le reste de la vie et ne se sent-il pas en confiance totale avec lui-même lorsqu’il peint ? Même chose pour le musicien, le dessinateur ou l’écrivain ? N’éprouve-t-il pas une sorte de plénitude lorsqu’ils terminent une œuvre ou joue un morceau à la perfection ? Ne donnent-ils pas tout ce qu’ils ont comme sentiments à ces œuvres pour qu’elles deviennent œuvres ? N’éprouvent-ils pas du bonheur et de la satisfaction ? Alors dans le fond, aimer une personne ou un domaine, est-ce si différent ? N’éprouve-t-on pas le même bonheur et la même satisfaction lorsque nous aimons une personne et que c’est réciproque ? Mais au delà d’aimer une personne par amour et de se coller alors sur le front l’étiquette universelle du « en couple », n’y a-t-il pas ce même bonheur, cette même satisfaction lorsque l’on aime nous amis et qu’ils nous aiment en retour ? N’y a-t-il pas ce même bonheur et cette même satisfaction lorsque nous avons une certaine relation de confiance réciproque avec une personne qui n’est ni vraiment un amour, ni vraiment ami comme on l’entend ? Je pourrai même prendre l’exemple d’une célébrité pour laquelle on a vraiment un admiration sans fin, n’est ce pas plaisant d’aimer une personne qui ne nous connaît pas par le simple fait qu’elle nous fait rêver ? N’éprouve-t-on pas du bonheur et de la satisfaction ? Et pourtant dans ce cas là on ne peut même pas parler de réciprocité et pourtant on est capable d’aimer de manière inconditionnelle en étant tout à fait conscient que ce n’est qu’a sens unique. Ne peut-on pas dire que dès qu’on y met tout notre cœur et notre être, ce qu’on aime, d’amour, d’amitié, par passion ou par admiration, est une belle histoire d’amour ? Ou alors je n’ai rien compris à la vie. Mais si c’est le cas, je préfère encore rester dans l’ignorance.

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Par unpetitboutdemoienmots
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