Un petit bout de moi en mots

"On ne pense que par image. Si tu veux être philosophe, écris des romans." Albert Camus

 

Les amoureux des livres

 

Oeuvres romanesques, Sartre, Collection Pléiade. Sur ma terrasse :)
Œuvres romanesques, Sartre, Collection Pléiade. Sur ma terrasse :)
 
31 mai 2013, 23h10 :
 
Je fais partie de ces gens que l’on appelle de ce petit nom que j’affectionne « des amoureux des livres ». Loin de n’être qu’un terme désignant des personnes ayant un goût prononcés pour la lecture, les amoureux des livres sont, il me semble, plus que des lecteurs avertis, ce sont réellement des amoureux. Les amoureux des livres n’aiment pas seulement le contenu que leurs chers et tendres vont contenir mais aussi tout ce qui fait que le contenu à la possibilité d’être contenu.
Avant même d’ouvrir un livre, un amoureux des livres va s’en emparer pour le sentir, humer l’odeur de l’encre et du papier qui tantôt vous pique le nez ou vous détend. Cette odeur si particulière qui fait du livre entre nos doigts ce nouvel ami que nous allons apprivoiser. Puis il faut alors toucher les pages, la couverture, sentir sous les doigts la texture du papier, le relief léger du titre, tourner et retourner pendant de longues minutes ce livre, objet sacré entre nos mains, que l’on ouvre et que l’on referme comme s’il contenait ce secret que nous cherchons sans très bien savoir quelle est réellement sa nature. Noble et silencieux, il intimide et attire. Il n’y a pas de mots pour décrire les sentiments et l’attitude que la simple présence d’un livre, neuf ou ancien, peut nous faire éprouver. Digne d’une relique, si il a été désiré, il devient notre Graal perdu, ou plutôt, celui que l’on a trouvé.
Cet objet apparemment sans vie se retrouve, entre les mains de l’amoureux des livres, comme un être doté du pouvoir d’exister au même titre que n’importe quel inconnu que nous pourrions croiser dans la rue. Pourtant il a plus d’allure, plus de classe que la plupart de ces gens que l’on croise chaque jour sans vraiment les voir. C’est qu’on aime ces livres. On les aime comme des parties de nous bien qu’en réalité il ne soit plus véritable que des parties de d’autres, eux, les auteurs, ceux qui nous délivrent par le biais de nos amants que sont les livres, un petit morceau de ce qu’ils sont. Mais lorsque l’on est un amoureux des livres, ce n’est pas encore l’auteur que l’on aime, c’est véritablement l’objet-livre, son existence matérielle entre nos mains. Qu’importe au fond qu’il ne soit pas doté d’animation, sa simple présence dans nos bibliothèques rend parfois à la vie, grâce à ces regards amoureux qu’on leur lance parfois, ce bonheur que l’on ne trouve nulle part ailleurs.
Alors on les bichonne, on les dépoussière, on les range, on les classe et c’est parfois une terrible déchirure de voir à quelle vitesse ils ont vieilli. Seulement c’est là aussi que l’on reconnaît le livre d’un amoureux des livres. Les pages cornées d’avoir été trop souvent tournées, la couverture pâle et le blanc jauni des pages, c’est comme ces vieilles photos sépia que l’on retrouve dans les albums photos de nos grands parents. On y retrouve avec un faible sourire les souvenirs qui les concerne, les lieux où ils nous ont accompagné, les gens qu’ils ont rencontré, les mains qui les ont touché…
Mais au delà de tout ceci, les amoureux des livres vouent un respect total et entier à ces objets du quotidien qui sont à leur yeux autant de trésor sacré. Cela me rappelle ce professeur de français que j’avais lorsque j’étais en première. Je n’ai compris que plus tard, en agissant de la même manière que lui avec les livres, qu’il était un amoureux des livres. Quoi de plus normal, me direz-vous, pour un professeur de français. Seulement, c’était au delà de ce que je pensais.
Beaucoup d’amoureux des livres aiment, en bon lecteur qu’ils sont, cornés les pages pour la marqué lorsqu’ils interrompent leur lecture. Quoi de plus basique que cela ? Rien, sans aucun doute. Ces pages pliés accentues la vieillesse du livre et les souvenirs qui s’y rapportent, le rendant sans doute à nos yeux, plus honorable encore que lorsqu’il était neuf. J’étais de ces amoureux là, habituée à plier les pages pour quelques raisons que ce soit. Mais un jour de cours, tandis que nous étudions la peste de Camus, une grande partie de la classe n’assistant pas au cours à la suite de grève, je me retrouvais à étudier un des textes du livre, pliant parfois les pages sous le regard du professeur. Je me souviens qu’il était venu à ma table et m’avait dit, comme s’agissant d’un sacrilège : « Non, ne pliez pas les pages ! » et était ensuite retourné à son bureau. Il avait cherché quelques minutes dans sa mallette marron une vieille photocopie froissée dont il avait ensuite coupé quelques bandes. Revenant vers moi, il me les avait donné, pour que je cesse le carnage que je faisais avec les pages de ce pauvre Camus. Que j’écrive au crayon à papier dans le livre ne le dérangeait pas, lui-même le faisait dans le sien, mais à la vue de mes pliages sauvages, il avait comme été pris de pitié pour mon pauvre livre que je traumatisais à vie. Plier des pages était pour lui un moyen infaillible d’abimer le livre. Il avait raison sans aucun doute. Depuis ce jour, je ne plie plus une seule page de mes livres, je découpe bandes de papiers, utilise des post-it ou autres morceaux de papiers me permettant d’éviter mes anciens carnages. Mes livres gardent ainsi une part de leur jeunesse d’antan et quand malgré tout mes efforts je n’ai pas de papiers sous la main, c’est avec désespoir que je corne un minuscule coin de mon livre, en espérant que cela ne le marquera pas à vie. Je mets ainsi chaque fois un point d’honneur à ne plus leur faire subir ce martyr et pense parfois à ce professeur, songeant qu’il serait sans doute heureux de voir ma conversion à sa façon de marquer les pages.
Je parle de ce professeur parce que c’est le premier que j’ai découvert avec un tel respect et une telle passion pour ses livres. Un véritable professeur de français, je dirai même, de littérature, qui au delà du simple fait d’aimer ses lectures, aimait tout autant ses livres.
Et c’est en cela, que l’on reconnaît de véritables amoureux des livres qu’ils cornent les pages ou non. Ce ne sont pas de simples lecteurs, amoureux d’un contenu, ce sont des amoureux de la forme qui permet de contenir. Et bien qu’il ne faut pas juger un livre à sa couverture, les amoureux des livres le font, d’une certaine manière, bien qu’à leur yeux n’importe quel livre devient cet être que l’on aime pour ce qu’il est.
 
Moi-en-mots
Dans : Mes textes
Par unpetitboutdemoienmots
Le 3 janvier 2014
A 23 h 16 min
Commentaires : 0
 
 

J’aime les mots

 

J'aime les mots
23 février 2013, 00h24 :
Les mots. J’aime les mots. Vraiment, réellement. Je ne pourrais jamais trahir les mots, ils représentent beaucoup à mes yeux. Je les aime c’est tout. Et pourtant, combien de fois m’ont-ils trahi, combien de fois me trahiront-ils encore, qu’importe dans le fond, à aucun moment il n’a été question qu’ils ne nous soient fidèles, ils ne demandent rien, c’est nous qui les invoquons. Certains les dénoncent avec agressivité, voir même avec une méchanceté féroce, dans l’espoir de démontrer que les mots ne sont rien, qu’ils ne valent rien. Seulement ils ont besoin de ces mêmes mots pour le faire, tout comme ceux qui les défendent et les protègent, à tout prix, ceux là aussi ont besoin des mots pour le faire. Et ceux qui ont alors tenté de les théoriser, de les expliquer, de les rendre mathématiques et logiques, à mes yeux, les dénaturer en somme. Pourquoi donc chercher à expliquer les mots ? Que nous ont-ils fait ? Si l’on y pense, pas grand chose. Malgré cela, ils détiennent un grand pouvoir. Plus grand que n’importe quel pouvoir qui puisse exister. En effet, ne peut on pas autant faire naître un homme que de le détruire avec la force et la vigueur de quelques mots soigneusement choisis ? Et alors, n’est ce pas dans le fond l’intention profonde de la personne qui a prononcé et écrit ces mots qui fait réellement quelque chose ? Ne peut-on pas dire qu’en somme, les mots ne sont qu’un outil parmi tant d’autres pour faire quelque chose aux autres. En bien ou en mal et même les deux parfois. Une arme aussi destructrice que constructive. Le paradoxe même. Les mots faits pour exprimer et pourtant insuffisant à notre expression, les mots en si large diversité de sons, de formes, de traductions et de langues ne suffisent jamais. A chaque mot prononcé, chaque mot écrit, ils nous trahissent, nous trompent et pourtant sont encore la chose qui nous permet d’être sincère dans un certain nombre de circonstances. Inutile de dire que les gestes peuvent autant nous trahir que les mots, bien que ces derniers sont sans doute beaucoup plus « conscients » si je puis dire, que les mots eux-même. Les mots ne font pas exprès de nous tromper, comme peuvent le faire des gestes qui, eux, dépendent de l’intention et du message que veut délivrer leur auteur, mais les mots sans le savoir, nous dépossèdent de ce que nous voulons vraiment exprimer. Évidement, d’autres avant moi ont réfléchi à la question et disaient ce que je résume ici grossièrement, mais je pense qu’ils avaient raison. Des traitres, voilà ce que l’on pourrait dire qu’ils sont si l’on souhaitait réellement les remettre à leur place. Cette bande de sons, de lettres et d’accents qui, tour à tour, nous ennuient, nous attristent, nous éloignent, nous rapprochent, nous exaspèrent, nous mentent, nous rendent justice, nous insultent, nous blessent, nous mordent, nous agressent, nous piègent, nous parlent… Et pourtant ils sont là, faisant parti intégrante de chacune de nos vies, ils savent tout mais ne disent dans le fond pas grand chose. Inventer ces mots a-t-elle été une si bonne chose pour nous ? Là encore les avis divergent, pourquoi aurait-ce été une bonne ou une mauvaise idée ? N’est-il pas trop tard pour se poser la question ?
Mais un certain de nombre de ces considérations me sont, il faut l’avouer, bien égal. J’aime les mots. J’aime ce que certains ont à dire, j’aime moins ce qu’en font d’autres à des fins plutôt douteuses. Mais malgré cela je crois en la beauté des mots. Oraux, écrits, utilisés à bons escient, par les bonnes personnes pour dire les bonnes choses ou du moins, celles que nous sommes prêts à entendre, je crois que les mots peuvent être beaux. Non, ils ne peuvent pas être beaux, ils sont beaux. Et dans n’importe quelle langue. A la fois amis et ennemis, les mots sont pour moi une des choses les plus importantes au monde. Combien de fois un simple « Salut ça va ? » prononcé avec le sourire m’a rendu le mien, combien de fois un compliment dissimuler a égayé ma journée, combien de fois même des mots que j’ai lu, écrit par d’autres gens à l’intention de tous, ont fait naître en moi ce bonheur de pouvoir à mon tour connaître ces mots là en étant à la fois récepteur lambda mais aussi lecteur privilégié, croyant naïvement que peut-être ces mots là me sont destinés, à la façon d’une espèce d’oracle, là pour nous empêcher de nous éloigner de notre but lorsque nous pensons que tout est couru d’avance. J’aime les mots comme on aime sa famille, ses amis, nobles et fières, ils envahissent notre vie, la possèdent tout entière. Prisonnier de leur sens, nous sommes incapables de les utiliser correctement. Qu’importe pour ma part, s’ils me trahissent souvent, si je ne les emploie pas toujours comme il conviendrait ou encore si justement je n’arrive pas à les retrouver voir même, à les prononcer quand il le faudrait, sans eux, sans doute, je ne pourrai vivre plus longtemps. Sans m’exprimer. J’ai besoin d’eux, presque autant qu’on a besoin de manger, de boire, de respirer ou de dormir. Ayant découvert assez tôt que j’étais capable moi aussi d’utiliser les mots, j’ai choisi d’en faire des amis et j’ai alors découvert qu’il suffisait parfois simplement de les « imprimer » sur du papier pour laisser quelque part, à l’abri de biens des tourments, quelques fragments d’une pensée si difficile à faire parler.
 
Moi en mots
Dans : Mes textes
Par unpetitboutdemoienmots
Le
A 23 h 13 min
Commentaires : 0
 
 

Moi en mots :)

Les gens disent qu’on se cache derrière des mots, qu’on se cache aussi derrière des gestes ou encore que les gestes en disent plus que les mots et qu’il vaut mieux dire les choses de vive voix que par écrit. Seulement moi, quand j’écris, ce n’est pas pour me cacher, bien que je maîtrise aussi cela de manière à ce que certain n’y voient que du feu, mais plutôt parce que la voix et moi ça fait deux, que l’écrit est la meilleure chose qui puisse retranscrire la pensée, parce que la pensée est silencieuse, l’écrit l’est aussi. Parfois il n’existe pas de mots pour décrire la pensée, mais si il n’existe pas de mot, alors pourquoi vouloir les dire à voix haute ? Le problème se posera à nouveau, écrit ou oral. Alors j’écris, parce que quand j’écris, ça me vient naturellement, je ne butte pas sur un mot, je ne bégaye pas en les disant, je ne rougis pas et surtout je n’ai pas cette façon maladroite de m’exprimer quand j’essais de dire aux gens ce que je ressens en me mettant dans tous mes états. Certes personne ne sait comment je suis au moment où j’écris, seulement ce que j’écris, je ne le montre pas sur mes attitudes physiques, je l’ai en dedans et je n’ai que les mots écrits pour vous le dépeindre à la perfection (si il en existe une !)

 

Moi-en-mots

Dans : Mes textes
Par unpetitboutdemoienmots
Le
A 22 h 56 min
Commentaires : 0
 
 
 

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