Un petit bout de moi en mots

"On ne pense que par image. Si tu veux être philosophe, écris des romans." Albert Camus

 

Où va le monde ?

16 février 2013, 23h18 :

Où va le monde. Plus j’avance, plus je comprends ce qui se passe et plus je me demande vers quoi on va. Rien de fabuleux, je crois que c’est certain. Que nous soyons au 21ième siècle et que des tabous aient été levé, qu’enfin la sexualité soit beaucoup plus libérée, que nous exigions les mêmes droits quelque soit nos valeurs et convictions, que nous défendions ces droits et tout ce qui a pu nous permettre de vivre mieux, plus heureux, plus à l’aise aussi, je suis tout à fait d’accord. Mais quand je lis, quand j’entends voir même quand je vois certaine chose, je me demande vraiment où va le monde. Réduire notre capacité d’exister à des choses aussi basiques, s’en tenir à ce qui est « la norme », vouloir à tout prix être et faire comme tout le monde parce que après tout « c’est comme ça », « c’est dans notre culture ». Ne plus avoir d’ambition, plus de projet, pas même une once de passion pour quoique ce soit, oublier presque même que nous sommes dotés de raison et se comporter comme… des bêtes. Pas des animaux, non, même eux semblent avoir un peu plus de jugeote, mais des bêtes. Incapable de voir le monde et d’y vivre en réfléchissant par soi-même, en voulant juste, par tous les moyens, ressembler à son voisin, agir comme lui, parler comme lui, penser comme lui. Et pourquoi ? Mais si seulement je le savais je n’écrirai pas ceci. Aujourd’hui il faut avoir coucher avec un mec à 15 ans, être marié à 30 et avoir déjà trois enfants, travailler pour gagner beaucoup d’argent, acheter une grande maison avec piscine, un labrador et deux voitures et se plaindre, se plaindre de la vie, des gens, de ses voisins, de ses collègues, de ses amis, de son mari ou de sa femme, le/la tromper parce que dans le fond on sait plus très bien pourquoi on l’a épousé. Même chose pour les couples, même chose pour le métier qu’on choisi, même chose pour tout ce qu’on fait depuis notre entrée à la maternelle jusqu’à notre mise à l’hospice par nos petits enfants qui ne voudront pas s’occuper de nous parce qu’on ne constituera pour eux qu’un poids mort dérangeant qui à autant besoin de soin qu’un nouveau né. Et les gens continueront à vivre cette vie médiocre sans avoir à aucun moment pu imaginer qu’elle aurait pu être autrement s’il l’avait vraiment voulu. Ils désireront encore des choses inutiles parce que leur ami qu’ils envient secrètement a pu se les procurer. Ils coucheront avec les premiers venus parce qu’après tout c’est pas important d’aimer. Les sentiments c’est superflu, c’est pour les femmes et encore ! Celles qui pensent, celles qui réfléchissent et aussi toutes les connes naïves qui croiront qu’on les aime alors qu’il n’y a que leur cul qui intéressent. Vie pathétique qui recommence à l’infini et ce depuis des siècles. Chaque fois j’essaie d’expliquer, de comprendre qu’est ce qu’il peut bien y avoir de si génial que ça pour vouloir agir ainsi, aussi basiquement, sans jamais chercher à vivre pour soi, pour ce qu’on aime. Mais quand je dis ce qu’on aime, je ne parle pas de notre premier appart, d’une voiture clinquante ou d’un(e) petit(e) ami(e) qui nous fera nous sentir moins seul(e), je parle d’un truc qu’on aime vraiment, quelque chose qui nous ferait aller au bout du monde, quelque chose qui pourrait nous faire voyager chaque jour sans forcément quitter sa ville, quelque chose qui fasse que la vie, chaque matin, semble différente, quelque chose qui provoque chez nous l’émerveillement, l’étonnement, la surprise. Quelque chose qui ne change pas mais qui pourtant se renouvelle à chaque instant. Exister, exister vraiment. Pfff, qu’est ce que je fais, essayer de vous expliquer l’existence, vous me direz que c’est relatif, que certains préfèrent encore se vautrer dans une existence à l’allure confortable mais qui ne sera que misérable et sans intérêt et qui se diront sur leur lit de mort que finalement ils auraient peut-être du faire quelque chose de leur vie au lieu de gémir, de se plaindre et de vouloir des choses qui ne leur auront rien apportés. Oui, après tout, pourquoi s’emmerder puisque la vie nous tue. Restons médiocres et imbéciles jusqu’au bout, de toute façon, l’inverse ne nous avancent pas plus me direz-vous. Et encore, si vous lisez ceci. A croire que plus personne n’a d’âme. Ça aussi, à quoi bon en avoir une, autant vivre comme des automates en suivant le cours du temps et la foule. C’est tellement plus simple, tellement moins prise de tête et encore, ils auront des questions d’ordre primordiale comme comment gagner un max de frique sans en foutre une, comment avoir le dernier portable en vogue alors qu’on en a un qui fonctionne parfaitement, comment sortir du célibat, qui ennuie à mourir et nous oblige à vivre avec nous-même et quand sera la retraite et combien ça fera gagné. Mais au fond, on s’en fiche, je peux bien m’indigner et écrire des pages et des pages en racontant toujours la même chose, je ne changerai pas le monde. Tout au plus récolterai-je quelques insultes et quelques critiques bien sentis qui me diront d’aller me faire voir avec mes belles paroles et mes jugements de valeurs. Je dirai juste qu’il paraît qu’on est en démocratie, après à vous de voir. M’enfin, j’ai du mal à comprendre. Comment peut-on être heureux d’une existence comme celle là ? Comment peut-on vouloir vivre uniquement pour des choses sans intérêt et auxquelles on ne réfléchit pas ? Pourquoi être venu au monde si c’est pour perdre son temps de la sorte ?
Moi en mots
Dans : Mes textes
Par unpetitboutdemoienmots
Le 3 janvier 2014
A 23 h 08 min
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