Un petit bout de moi en mots

"On ne pense que par image. Si tu veux être philosophe, écris des romans." Albert Camus

 

Confiance en soi

10 avril 2013 :

A des années lumières du doute cartésien, nous voilà face à un autre type de doute. Ce doute qui nous prend pour tout et n’importe quoi, ce doute qui nous perturbe et nous trouble, celui qui nous fait hésiter et craindre. Craindre quoi au fond ? Qu’avons nous à perdre à tenter ces petites choses insignifiantes que tout le monde ose faire sans se poser de question ? Une peur incontrôlable du regard des autres ? Des moqueries que cela pourraient faire naître ? Peur de quoi au juste ? Et pourtant ça nous ronge de l’intérieur, impossible de dire un mot, impossible de faire un geste, on hésite et on se dit « Et si… ». Et si quoi ? Dans un état de tension perpétuelle entre une volonté qui se voudrait plus extravertie et sûre d’elle et une raison trop peureuse pour nous laisser agir. On se freine volontairement et on reste avec l’envie et le regret de ne pas avoir fait. Les conseils se succèdent, comment vaincre cela, comment enfin laisser de côté cette petite voix qui nous demande à chaque fois « Tu es sûr ? Et si tu faisais mal ? Si c’était moins bien que ce que font les autres, tu vas passer pour quoi ? » et alors on reste là, immobile, avec l’envie de crier ce qu’on a sur le cœur, l’envie d’aller se mêler à la foule et de parler, parler de tout sans avoir de doute, sans se demander si on est réellement à la hauteur de nos paroles. Être à la hauteur, on ne l’est pas, du moins, on aime peut-être à le croire histoire d’excuser notre incapacité. On se dit que les autres font mieux, que les autres sont mieux, que de toute façon on n’est rien face à eux. Et lorsqu’on ose finalement se lancer dans quelques choses on se dit « Mais qu’est-ce qu’on fait les autres ? Suis-je aussi bien ? » et puis on se dit que non, que ça sert à rien. C’est ce regard, leur regard, deux yeux qui nous fixent lorsqu’on parle, deux yeux qui nous transpercent, nous dépossèdent, nous décortiquent, nous jugent. Mieux vaut rester silencieux et attendre que nous passe l’envie, peut-être que ça vaut mieux, au fond on est plus tranquille. Et pourtant ce silence nous gêne, pourquoi devrait-on se taire alors que les autres s’expriment ? Pourquoi nous freinons-nous de la sorte ? Que risquons-nous ? Une pique ironique, un refus, un sourire, une bonne ou une mauvaise blague… Enfin quoi ! Ce n’est peut-être pas si terrible ! Pourtant… On veut s’élancer et on se retient, un peu comme quand on n’a pas encore décidé si on allait sortir de notre lit ou y rester, ce moment où l’esprit nous pousse en avant et où notre corps nous tire en arrière. Impossible alors ni d’ouvrir la bouche, ni d’avancer, c’est une tension perpétuelle avec une question, en boucle qui tourne dans la tête « Je le fais ou je ne le fais pas ? » et quand on pense « Je le fais » tout notre corps se met à trembler, comme si il se refusait le moindre mouvement, l’esprit se bat, tente de prendre le dessus, les pieds veulent avancer, les lèvres veulent s’ouvrir, la voix se déployer et pourtant tout reste coincé à l’intérieur, comme figé, noyé… Le cœur s’emballe alors on se dit « Je ne le fais pas » tout se calme, les muscles se détendent, l’esprit abandonne. Pourtant on n’est pas plus soulagé. On se demande comment et pourquoi une fois encore on n’a rien fait, rien oser, rien tenter… La déception prend le dessus, abattus, on se remet à se questionner, à douter…Pourquoi est-ce si simple pour les autres ? Alors on se dit qu’on vaut moins que les autres, qu’on a raté quelque chose, que de toute façon on n’y arrivera jamais. Et dans ces moments là, on se dit qu’on est bien seul au monde à manquer autant de confiance en soi.
 
Moi en mots
Dans : Mes textes
Par unpetitboutdemoienmots
Le 3 janvier 2014
A 23 h 22 min
Commentaires : 0
 
 
 

Manouch11poesies |
Envidelire |
Lettresinroses |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Gw2
| Les chroniques de Pauline
| Kattalin'plume