Un petit bout de moi en mots

"On ne pense que par image. Si tu veux être philosophe, écris des romans." Albert Camus

 

Alexandre Postel, Un homme effacé, Gallimard

 

 

Un homme effacé, Alexandre Postel

Résumé quatrième de couverture :

Damien North est professeur de philosophie dans une université cossue. Veuf, il mène une vie triste et solitaire. Mais un jour, il est embarqué par la police qui l’accuse d’avoir téléchargé sur son ordinateur des images provenant d’un réseau pédophile… L’affaire fait grand bruit, d’autant que Damien est le petit-fils d’Axel North, figure politique historique. L’inculpé a beau se savoir innocent, chacun se souvient d’un geste, d’une parole qui, interprétés à la lumière de la terrible accusation, deviennent autant de preuves à charge. Même une banale photo de sa nièce, unique enfant de son entourage, ouvre un gouffre d’horribles suppositions. Le terrible engrenage commence tout juste à se mettre en marche. Alexandre Postel décrit avec acuité la farce des conventions sociales, les masques affables sous lesquels se cachent le pouvoir, la jalousie ou le désir de nuire – et les dérives inquiétantes d’une société fascinée par les images.

 

Ma critique :

Damien North, professeur de philosophie, veuf depuis plusieurs années, mène une vie de solitaire paisible, monotone. Timide et en marge il ne cherche rien si ce n’est qu’on le laisse vivre. Jusqu’au jour où la police débarque chez lui et l’accuse d’avoir téléchargé des images provenant de réseaux pédophiles. Il est l’accusé idéal. Personne ne le connaît assez pour parler de lui, tout le monde le trouve assez étrange pour avoir commis ce dont on l’accuse. Sa personnalité sera pour lui son pire fardeau. Pourtant il est innocent, il le sait. Les questions se succèdent. Suis-je innocent ? Ai-je pu faire ce dont on m’accuse ?  La colère et la révolte font place au doute. A chaque instant de sa douloureuse expérience nous éprouvons ce qu’il ressent. On croit en son innocence, on veut la défendre avec colère et rage avant de sombrer dans l’abime du « peut-être ». Peut-être n’est-il pas innocent, peut-être nous ment-il. La duperie devient réelle, chaque élément qui l’accable est grossier mais suffisant pour faire trembler le fragile équilibre de son intégrité. Bourreau ou victime ? On perdrait nous aussi la tête rien qu’en tentant de répondre à ses interrogations. L’auteur nous promène parmi tous ses sentiments les plus contradictoires. On hait les gens qui ont tout fait pour l’accabler, on se range un temps de leur côté pour revenir auprès de notre personnage. La première impression était la bonne mais l’auteur parvient à nous faire douter de notre propre capacité de jugement.

Nombres de page : 256

Paru le 10 Janvier 2013 aux Editions Gallimard

 

 

Dans : Roman des étudiants 2014
Par unpetitboutdemoienmots
Le 11 février 2014
A 12 h 54 min
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