Un petit bout de moi en mots

"On ne pense que par image. Si tu veux être philosophe, écris des romans." Albert Camus

 
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Une amie bienfaitrice, un ange gardien

Vivre pour sa passion. Se vouer à elle au point qu’elle devienne notre raison de vivre. L’avoir en tête au réveil, sans même penser à quoi que ce soit d’autre et s’endormir le soir en y pensant, en ne songeant à rien d’autre. Être pour ainsi dire « soumis » à cette passion. Lui donner l’exclusivité de nos pensées, de nos actes, de nos paroles. La rendre unique à nos yeux, belle, plus encore que toutes les beautés que le monde peut nous offrir. S’oublier avec elle. Et cette sensation de plénitude, de bien-être infini qui nous enveloppe, nous entoure, nous calme et nous rassure. Lorsque les temps se font difficiles et qu’alors la vie semble vouloir nous faire baisser les bras, notre passion nous apaise, nous détend. Comme une amie bienfaitrice, un ange gardien, elle est là, toujours là, quelque part. Elle attend que nous soyons prêts à la laisser s’exprimer, à la laisser nous envahir, nous réchauffer de l’intérieur. Subtilement, elle s’installe en nous. Les douleurs, les peines, les malheurs et les soucis, avec quelques mots ou quelques gestes, elle les éloigne, les repousse. Béats et sereins, nous sommes fins prêts à l’écouter nous parler. Et soudain nous voilà transportés ailleurs, loin. Loin de cette vie qui n’est pas toujours à la hauteur de nos espoirs, loin de ce et « ceux » qui nous font mal, loin de nos désirs destructeurs, loin du monde réel, matériel. Nous ne sommes plus tout à fait nous-mêmes et pourtant nous sommes vraiment, enfin. Nous sommes nous, plus que jamais, c’est encore plus fort, encore plus vrai, encore plus… Il n’y a plus de doutes à avoir, plus d’angoisses, nous ne faisons plus qu’un. Perdus à des années-lumières d’une réalité imparfaite, il ne suffisait que d’un voyage imaginaire pour nous trouver, pour se retrouver, se découvrir et se redécouvrir. C’est comme si l’on plongeait dans un bon bain chaud après la plus rude de toutes les journées. C’est un délassement. Soudain les choses brillent d’un éclat nouveau, c’est une lumière claire, pure, plus belle encore que les premières lueurs du jour, plus magique encore que les étoiles dans le ciel par une nuit d’été. Nous voilà seuls avec elle et pourtant la solitude n’est plus qu’un mot usuel qui n’a pas de sens. Une seule chose nous obsède, nous hante, nous possède : elle, cette passion dévorante, inassouvie, insatisfaisante mais qui pourtant nous comble chaque seconde un peu plus. L’euphorie nous gagne, on a envie de rire, de crier, de hurler à la Terre ô combien cette passion-là est toute notre vie. Une joie sans nom s’empare de notre cœur et nous voilà, voguant sur les flots du bonheur, incapables d’apercevoir notre destination, indifférents d’ailleurs à celle-ci. Mais, comme dirait un certain Alfred « Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ? », enivrons-nous sans compter, sans savoir très bien où aller, je préfère encore le voyage à sa destination.

Encore plus merveilleux que les plus délicieuses mélodies, encore plus fort que les plus belles romances, notre histoire d’amour avec cette passion est ce que nous connaîtrons sans doute de plus beau. C’est bien d’ailleurs parce qu’elle ne s’attache à personne, que nous nous enchaînons à elle. Mais quelle douce chaîne que d’avoir une passion ! Quel plaisir immense que d’aimer d’amour, quelque chose que seul celui qui s’y attache peut comprendre ! Et dans nos yeux, notre cœur et notre corps tout entier, s’installe alors cette affection enflammée. Nous voilà amoureux, véritablement amoureux. Amoureux d’une passion, amoureux de ce sentiment aliénant qui pourtant nous rend libre. Enfin, nous voilà libres. Ayant choisi de nous donner à elle, la prison semble bien vaste, à vrai dire, on n’en voit pas réellement les frontières. On ne les cherchera pas. A quoi bon ? Plonger dans ce vaste océan d’euphorie, nous voudrions nous noyer dans ce plaisir. Et à ce moment précis, plus personne ne nous comprend, pas même ce « nous » que nous avons laissé à l’entrée, juste avant de dériver. Mais quand finalement il nous faut refaire surface, la passion, comme une petite voix rassurante, s’agite, murmure et rit à l’intérieur de nous. Le monde se matérialise de nouveau, nous revoilà, nous et notre corps, nous et notre vie. Seulement comment voir les choses comme elles étaient après ceci ? Et à chaque manifestation de notre passion, le monde est, à nos yeux, encore plus différent qu’avant.
 
Moi en mots
Dans : Mes textes
Par unpetitboutdemoienmots
Le 3 janvier 2014
A 23 h 14 min
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