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"On ne pense que par image. Si tu veux être philosophe, écris des romans." Albert Camus

 
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Les philosophes

 

Les philosophes
6 décembre 2012 :
A vrai dire, les philosophes sont, de mon point de vue, loin de l’image première que l’on s’en fait. On s’imagine des êtres solitaires, le nez plongé dans d’épais livre poussiéreux, passant leur journée et leur nuit à ruminer des textes dans l’espoir d’apercevoir ne serait-ce qu’une lueur de vérité. Les philosophes ne sont pas tellement des personnes comme celles là. Au contraire. Je pense que les philosophes sont justement des personnes qui aiment les gens. Des personnes qui aiment échanger et partager, qui aiment communiquer avec autrui. Après tout, aussi loin que l’on puisse remonter dans la philosophie, les plus grands maîtres penseurs étaient les premiers à dire que la recherche de la vérité passe par le dialogue et qu’autrui est celui qui permet à chaque homme de se découvre lui-même. Les philosophes sont des hommes de la communication, du partage et de l’échange. Ils ont, je crois, besoin des autres, de leurs amis, de leur famille, de personnes extérieures pour provoquer en eux ces sentiments qu’aucun livre ne pourra leur faire ressentir. Il y a chez eux, certes, une passion peut être démesurée aux yeux de certains, concernant la réflexion et la poursuite de la vérité, la découverte de la sagesse, le plaisir de l’apprentissage et le bonheur de penser mais je suis convaincue, qu’un philosophe qui se respecte est un homme qui aime autrui. Éprouver du plaisir à lire, à penser, à chercher, c’est tout simplement fantastique, mais comment profiter pleinement de tout ceci si il n’y a pas en face de soi un interlocuteur avec qui le partager. C’est dans le regard de ces personnes. Certains de nos professeurs, même, ont dans le regard cette lueur démente de la passion qui les anime avec tant d’ardeur, qu’il est lisible à leur façon de faire leurs cours, qu’ils cherchent dans nos jeunes regards encore naïfs s’il n’y a pas cette étincelle qui luit. Ils bégayent presque, leur pensée allant plus vite que leurs paroles, un flot continue d’un bonheur qui se renouvelle à chaque fois qu’ils parlent de ce qu’ils aiment. Ils en deviendraient presque aussi fou que ces amants maudits des romans de littérature. Leur amour pour ce qu’ils font et le bonheur qui en découle de pouvoir le partager avec d’autres est tellement énorme, que seul celui qui ne comprend rien à la philosophie ne comprendra pas pourquoi ces élans de « folie ». Les philosophes sont des fous ? Pas tellement. Des asociaux ? Loin de là. La vérité, il me semble, c’est que justement ils ne savent pas transmettre les choses de la même manière que tout le monde. Certains ont besoin d’exubérance dans les gestes, dans les paroles, d’autres sont obligés de s’arrêter quelques minutes, le regard dans le vague, comme dans un autre monde, une autre dimension tellement le langage humain est pauvre pour les aider à s’exprimer. Les vraies philosophes ont besoin des autres pour pouvoir vivre et faire vivre leur passion. Seulement ils ne savent pas s’adresser aux gens comme ces derniers le voudraient. Alors les gens ont peur, ils collent une étiquette et prétendent que ce sont des fous. Des illuminés. Mais c’est faux. Dit on d’un amoureux que c’est un illuminé, qu’il est fou ? D’amour peut être, mais alors, les philosophes sont simplement fous de savoir et de connaissances ! Originaux ? Oui. Étrange ? Oui. A des années lumières de ce qu’on a l’habitude de voir ? Oui. Ils n’ont pas peur d’eux même à vrai dire, ils sont ce qu’ils sont et l’expriment. Les gens les fuient, les jugent. Je trouve au contraire que ce sont des personnes tout à fait extraordinaires ! Sans adhérer à tout ce qui a été dit, on peut être d’accord, ou non et se laisser aller à être ceux que l’on est vraiment. Parce que c’est cela qui compte, le vrai. Que ce soit en nous, hors de nous, ce que l’on apprend de la vie ou ce que l’on apprend sur nous. Être vrai. Il faut parfois savoir prendre les choses à l’envers pour pouvoir les remettre à l’endroit, ou simplement monter sur une table pour avoir un œil nouveau sur une situation. Mais qui ose vraiment le faire ? Si dans le fond, au delà de leur passion « dévorante » qui leur fait engloutir quantité de livres inimaginables et parler en langage semi-codé pour le commun des mortels, ne sont-ils pas, eux aussi, humains ? Hommes dotés de sentiments humains mais qui cherchent à comprendre, à savoir, et à se connaître ? Je crois que pour un philosophe, autrui, l’autre en face de soi est celui qui peut nous apporter les réponses qui ne sont pas inscrites dans les livres et même avec, quand on y pense, n’y a-t-il pas un petit morceau de l’âme de ces illustres maîtres, cachés entre quelques lettres imprimées qu’ils nous ont légué, faute de ne pas avoir pu être présent pour nous enseigner leur pensée ? A mes yeux, le philosophe n’est pas un ermite solitaire qui terminera sa vie au beau milieu des livres sans famille ni ami. Certes, il aura cette passion des livres, mais il a besoin non seulement de famille et d’amis mais aussi d’élèves, de disciples, auxquels transmettre cette « philosophie de vie ». Car dans le fond, la philosophie, n’est ce pas, au delà d’un simple domaine de connaissance, toute une manière de voir et d’appréhender la vie ?
Moi-en-mots
Dans : Mes textes
Par unpetitboutdemoienmots
Le 3 janvier 2014
A 23 h 02 min
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