Un petit bout de moi en mots

"On ne pense que par image. Si tu veux être philosophe, écris des romans." Albert Camus

 
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Confiance en soi

10 avril 2013 :

A des années lumières du doute cartésien, nous voilà face à un autre type de doute. Ce doute qui nous prend pour tout et n’importe quoi, ce doute qui nous perturbe et nous trouble, celui qui nous fait hésiter et craindre. Craindre quoi au fond ? Qu’avons nous à perdre à tenter ces petites choses insignifiantes que tout le monde ose faire sans se poser de question ? Une peur incontrôlable du regard des autres ? Des moqueries que cela pourraient faire naître ? Peur de quoi au juste ? Et pourtant ça nous ronge de l’intérieur, impossible de dire un mot, impossible de faire un geste, on hésite et on se dit « Et si… ». Et si quoi ? Dans un état de tension perpétuelle entre une volonté qui se voudrait plus extravertie et sûre d’elle et une raison trop peureuse pour nous laisser agir. On se freine volontairement et on reste avec l’envie et le regret de ne pas avoir fait. Les conseils se succèdent, comment vaincre cela, comment enfin laisser de côté cette petite voix qui nous demande à chaque fois « Tu es sûr ? Et si tu faisais mal ? Si c’était moins bien que ce que font les autres, tu vas passer pour quoi ? » et alors on reste là, immobile, avec l’envie de crier ce qu’on a sur le cœur, l’envie d’aller se mêler à la foule et de parler, parler de tout sans avoir de doute, sans se demander si on est réellement à la hauteur de nos paroles. Être à la hauteur, on ne l’est pas, du moins, on aime peut-être à le croire histoire d’excuser notre incapacité. On se dit que les autres font mieux, que les autres sont mieux, que de toute façon on n’est rien face à eux. Et lorsqu’on ose finalement se lancer dans quelques choses on se dit « Mais qu’est-ce qu’on fait les autres ? Suis-je aussi bien ? » et puis on se dit que non, que ça sert à rien. C’est ce regard, leur regard, deux yeux qui nous fixent lorsqu’on parle, deux yeux qui nous transpercent, nous dépossèdent, nous décortiquent, nous jugent. Mieux vaut rester silencieux et attendre que nous passe l’envie, peut-être que ça vaut mieux, au fond on est plus tranquille. Et pourtant ce silence nous gêne, pourquoi devrait-on se taire alors que les autres s’expriment ? Pourquoi nous freinons-nous de la sorte ? Que risquons-nous ? Une pique ironique, un refus, un sourire, une bonne ou une mauvaise blague… Enfin quoi ! Ce n’est peut-être pas si terrible ! Pourtant… On veut s’élancer et on se retient, un peu comme quand on n’a pas encore décidé si on allait sortir de notre lit ou y rester, ce moment où l’esprit nous pousse en avant et où notre corps nous tire en arrière. Impossible alors ni d’ouvrir la bouche, ni d’avancer, c’est une tension perpétuelle avec une question, en boucle qui tourne dans la tête « Je le fais ou je ne le fais pas ? » et quand on pense « Je le fais » tout notre corps se met à trembler, comme si il se refusait le moindre mouvement, l’esprit se bat, tente de prendre le dessus, les pieds veulent avancer, les lèvres veulent s’ouvrir, la voix se déployer et pourtant tout reste coincé à l’intérieur, comme figé, noyé… Le cœur s’emballe alors on se dit « Je ne le fais pas » tout se calme, les muscles se détendent, l’esprit abandonne. Pourtant on n’est pas plus soulagé. On se demande comment et pourquoi une fois encore on n’a rien fait, rien oser, rien tenter… La déception prend le dessus, abattus, on se remet à se questionner, à douter…Pourquoi est-ce si simple pour les autres ? Alors on se dit qu’on vaut moins que les autres, qu’on a raté quelque chose, que de toute façon on n’y arrivera jamais. Et dans ces moments là, on se dit qu’on est bien seul au monde à manquer autant de confiance en soi.
 
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Par unpetitboutdemoienmots
Le 3 janvier 2014
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« On fait le lit dans lequel on se couche »

13 septembre 2013, 22h07 :
Je dois être utopiste. La réponse à tout cela, c’est sans doute celle là « je dois être utopiste ». Il semblerait que la plupart des personnes choisissant la philosophie et poursuivant dans ce domaine jusqu’au master en sortent désenchantées, désabusées pour ne pas dire carrément déçues. Mais qu’attendaient-ils au juste de la philosophie ? Peut-on réellement en attendre quelque chose ? La question que je me pose alors est : qu’est ce qui a pu les motivés à entreprendre des études en philosophie si au terme de leur cinq années d’études leur premiers mots pour ce qui est, d’après eux, un épanouissement personnel sont que ça ne sert à rien, qu’ils en sont de nouveaux au commencement en ayant passer cinq ans à courir après… Dieu sait quoi. Ils viennent ensuite sur les groupes de discussion où s’inscrivent les jeunes « recrues » de la philosophie qui peut-être n’ont pas plus l’intention qu’eux de devenir professeur ou même philosophe mais qui envisagent malgré tout d’avancer et de faire quelque chose de ces années d’enseignements qu’ils vont recevoir et ces gens là viennent, en quelque sorte, rabrouer leurs élans passionnés, tiédir leur ambition voir même carrément faire désespérer de sortir de là dedans avec un bagage sous le bras. On peut alors s’interroger sur la réellement ambition de ces gens-là qui après avoir épuisé leur stock de volonté décident subitement d’arrêter de se battre ou encore qu’elle est la véritable raison qui les a poussé à entamer des études de philosophie pour finalement dire qu’à part leur épanouissement personnel, il ne leur reste plus qu’à s’inscrire au chômage et se réconforter en lisant les grands philosophes le soir après avoir fait son petit travail minable, si tant est que l’on en est un. J’ai de nouveau l’impression de me retrouver face à ces gens que durant trois ans m’ont dit : « Un bac L ? Mais que vas-tu faire avec ça ? », « Une licence de philosophie ? Mais qu’est ce que tu vas faire après ça ? Ah… prof. Oui. ». Mais grand dieu ! Qu’est ce que la philosophie a tant que ça qui la fait nous fermer les portes du monde du travail ?! En quoi étudier l’anglais ou l’histoire va-t-il plus nous avantager que d’apprendre la philosophie ? Et puis, si au fond ça les fait chier à la fin parce que le job ne leur tombe pas tout cru sur le coin de la gueule, pourquoi ont-il choisi cela ? Par goût ? Pour pouvoir dire d’un air hautain lors d’un dîner « Moi j’ai fais de la philosophie ! » alors qu’ils n’en vivront pas ? Il n’est pas nécessaire d’être passé par la Sorbonne ou l’ENS ou même les deux pour faire quelque chose de sa vie avec la philosophie ! Le problème vient peut-être alors du fait qu’ils ne savent PAS réellement ce qu’ils veulent faire, qu’ils n’ont jamais cherché à le savoir et que peut-être ils ne le sauront jamais. Je ne prétends pas mieux qu’eux savoir ce que je ferais à la sortie de mon master, mais je sais tout ce qu’il est possible de faire ensuite. Ou du moins, je sais pas mal de chose qui me sont possibles. Les choix sont multiples, les débouchés largement plus nombreuses que ce que prétendent les conseillères d’orientation du lycée qui nous regardent d’un air attendri en disant : « Oh oui, tu peux bien faire ça, c’est ton avenir et c’est à toi de décider… mais tu sais il y a … ». Pourquoi avoir étudié la philosophie si en arrivant au bout vous vous dites « Qu’est ce que je fais là ? Qu’est ce que je vais faire ? Comment ? ». N’y avez-vous pas réfléchi un peu avant ? Même si c’était flou, vague, déformé et incertain, pourquoi ne pas avoir commencé à construire ? Un professeur de philosophie m’a justement dit un jour que choisir d’étudier la philosophie ce n’était pas seulement apprendre à philosopher mais que c’était aussi un combat quotidien, un bataille à mener chaque jour avec plus de force et d’énergie que la veille parce que ce n’est pas facile de la faire admettre comme étant capable de nous faire devenir quelqu’un. Il disait qu’il fallait la force et le courage d’assumer son choix et la sensation que me donnent ces gens, à pleurer sur leur sort, me semble être à s’y méprendre un moment de faiblesse où ils ont baissé les bras sans envisager de les lever de nouveau. On n’est pas obligé d’être professeur ou chercheur ou maître conférencier en philosophie parce qu’on a fait de la philosophie. La philosophie ce n’est pas qu’un domaine d’enseignement dans lequel on apprend plus ou moins chronologiquement qui a pensé ou écrit quoi à quel moment et dans quel contexte. La philosophie ne serait plus alors qu’histoire de la philosophie voir tout au plus littérature philosophique. Non ! La philosophie ce n’est pas seulement apprendre à philosopher, c’est vivre la philosophie, c’est sentir, penser, croire, espérer, rêver la philosophie, chaque jour de manière différente. Choisir la philosophie, c’est choisir de s’ouvrir au monde, aux autres, c’est vouloir enfin voir les choses autrement, pas comme elles semblent être, pas comme on nous dit qu’elles sont, c’est voir les choses avec un regard nouveau, un regard d’enfant, naïf, qui (re)découvre la vie à chaque réveil. Comment se lasser d’une telle magie ? Comment restreindre notre enseignement de la philosophie à de la doctrine pure et simple qui nous conduiraient alors inévitablement à demander des aides financières et le chômage ? Comment considérer la philosophie comme des années de temps perdu à l’exercice de quelque chose dont finalement on doute ensuite parce que cela ne mènera plus nulle part si ce n’est à notre perte ? La société nous conditionne, veut nous faire croire qu’on n’a pas besoin de philosophie ni même de philosophes, qu’à part des boulets pour la société tout cela ne sert à rien si ce n’est à créer encore plus de misère alors qu’il y en a déjà tant. Pourquoi serait-ce vrai ? Pourquoi donnerions-nous raison à cette société, à cette époque qui est la notre ? Pourquoi baisserions nous les bras au premier obstacle ? Pourquoi devrions-nous cesser d’agir en « utopiste » alors que ce statut est tout à fait conciliable avec la réalité ? Un peu de juste mesure, une dose de raison, n’est ce pas de cela dont nous avons besoin pour réussir ? Savoir quelles sont les éventuels limites à nos rêves et si ils en comportent de trop nombreuses comment les contourner, les dépasser ? Devenir finalement plus libre que le commun des mortels en choisissant notre vie telle que nous la souhaitons et en mettant tout en œuvre selon les règles pour y parvenir. Même si actuellement il m’arrive encore de douter de mes capacités, de mon avenir, de mes possibilités et de ce que la société m’autorisera ou non à faire plus tard, je ne veux pas croire que choisir la philosophie c’est s’écarter de la réalité. Au contraire, je crois qu’on s’en approche plus que personne d’autre, qu’on voit les choses avec plus de clarté et parfois aussi avec la plus douloureuse des vérités possibles à contempler. Non ce n’est pas facile de choisir la philosophie et de s’y tenir, ce n’est pas facile de trouver quelque chose à faire avec elle, à l’état pur s’entend mais en aucun cas elle ne nous prive de notre liberté de choisir parmi toutes les possibilités qui s’offrent à nous de faire ce qu’il nous plaît. Je suis intimement convaincue que le pire frein à notre accomplissement personnel, c’est nous-même. La société est devenue une excuse, une responsable de notre malheur et de notre condition. Pourtant il existe un vieux proverbe qui dit : « On fait le lit dans lequel on se couche ». Alors ?
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Par unpetitboutdemoienmots
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Semaine Internationale du livre 2013

« Cela vous arrangerait-il d’obtenir une petite avance ? »

C’est la semaine internationale du livre. La règle : saisir le livre se trouvant le plus proche de vous, ouvrez à la page 52 et retranscrivez la 5ème phrase en guise de statut. Ne mentionnez pas le titre. Copiez la règle à la suite de votre statut et copier la 5ème phrase en commentaire à la suite de ce statut.
Jouez le jeu, même sur un blog en article, c’est amusant ;)
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Par unpetitboutdemoienmots
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Qu’est ce que la philosophie ?

17 juillet 2013, 00h08 :

Je vais vous dire ce qu’est la philosophie, je vais vous dire comment je la vois, comment je la ressens, comment je la perçois. Je vais vous dire ce qu’elle est pour moi, ce qu’elle représente. La philosophie, au delà d’être cet universel que l’on cherche, cette vérité que l’on tend à approcher, cette recherche du bonheur, c’est … c’est tout un monde mais sans barrière, sans frontière. La philosophie n’est ni substance ni territoire, la philosophie c’est tout. C’est dans nos réveils difficiles, c’est dans nos pénibles journées, c’est dans le sourire d’inconnus aimables, c’est dans ces livres qui nous attendent sagement dans les bibliothèques, c’est dans ces lieux dont l’histoire transpire sur leurs murs. C’est toute notre vie et ou du moins toute la mienne. La philosophie ce n’est pas seulement un professeur, des élèves et une salle de classe, ce n’est pas seulement un homme à moitié fou qui délire dans un langage incompréhensible, le regard comme fou. Ce n’est pas répondre à toutes les questions d’un air condescendant et satisfait, ce n’est pas avoir toujours raison, ce n’est pas passé sa vie à rédiger des thèses et des livres longs et ennuyeux. Ce n’est pas finir au fond d’un carton à insulter les passants, ce n’est pas être un parasite bavard qui s’accroche à la société comme une tique avide de sang, ce n’est pas une volonté constante de tout remettre en cause, de tout contester quitte à passer pour un anarchiste. Ce n’est pas être anarchiste. La philosophie c’est une autre façon de voir le monde, c’est s’ouvrir à lui avec plus de force et d’énergie qu’on ne l’a jamais osé. C’est parlé avec le monde, dialogué avec lui, apprendre de lui. La philosophie ça se vit, ça vit. C’est en nous, ça fait parti de nous comme l’air que l’on respire, comme les battements de notre cœur. La philosophie c’est ouvrir de grands yeux étonnés sur le monde, sur ce qu’on découvre, sur ce qu’on apprend. C’est être possédé par la passion de savoir, d’aimer le savoir. Plus on en sait et moins on a l’impression d’en savoir mais qu’importe on n’est jamais déçu, on veut aller plus loin, être plus près encore de la philosophie. On voudrait la toucher si elle était sensible, on voudrait lui parler si elle était physiquement humaine, on l’aime. On l’aime avec cette même passion que l’on aime l’aimé et plus encore peut-être. On goûte chaque jour au bonheur qu’elle nous donne lorsqu’alors tout semble ne pas aller. Elle surgit au détour d’un mot, d’une phrase, d’une idée et nous fait oublier nos désillusions. Elle nous déconnecte du monde et pourtant on y est encore plus lié que si l’on se contentait de le regarder comme on le fait naturellement. La philosophie nous permet le doute, nous interroge, nous remet en question mais elle nous console aussi, elle nous surprend, nous étonne, nous émerveille chaque jour plus encore que la veille. La philosophie c’est être nous-même, c’est faire transpirer par tous nos pores, à travers notre peau ce que nous sommes. La philosophie c’est quand ces professeurs nous font cours avec ce sourire de bonheur irréductible, avec ces regards flamboyants de passion démente et qui nous tiennent en haleine, comme dans un livre de fiction, où tout peut arriver, à n’importe quel moment lorsque soudain la philosophie nous prend et on voyage, on voyage dans le temps, dans l’espace, dans notre esprit, dans le monde sans faire un mouvement. On touche à l’intouchable, on ressent l’insensible, on voit l’invisible. La philosophie c’est ce manque qui nous comble, ce désir qui ne nous fait pas souffrir, ce plaisir indescriptible que nulle autre chose au monde n’est capable de procurer. La philosophie c’est la plus unique des choses qui touche à tout, qui traverse tous les mondes, tous les temps et qui jamais au grand jamais ne nous déçoit. La philosophie ça me rend le sourire, ça me remplit quand je me sens vide, vide de sens, vide d’idées, de pensées, vide de joie. La philosophie me fait me sentir à ma place. La philosophie c’est un morceau de moi ou peut-être suis-je un morceau d’elle, je ne sais pas. Qu’importe au fond, j’aime la philosophie plus que je ne saurai jamais aimé quelqu’un de la sorte. Chaque jour elle change ma vie, mon monde, mon regard sur les choses. Chaque jour elle m’apporte plus que ce que quelques uns m’ont apporté en plusieurs années. Et quand bien même il me semble que rien ne me sourit, la philosophie, à travers le titre d’un de mes livres prônant fièrement dans ma bibliothèque, me rappelle qu’elle est là et le sera toujours. Oui je peux le dire, j’ai fais une rencontre qui a bouleversé ma vie quand j’ai rencontré la philosophie. Elle est plus qu’une discipline à mes yeux, elle est l’amie qu’il manquait à ma vie.
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Les amoureux des livres

 

Oeuvres romanesques, Sartre, Collection Pléiade. Sur ma terrasse :)
Œuvres romanesques, Sartre, Collection Pléiade. Sur ma terrasse :)
 
31 mai 2013, 23h10 :
 
Je fais partie de ces gens que l’on appelle de ce petit nom que j’affectionne « des amoureux des livres ». Loin de n’être qu’un terme désignant des personnes ayant un goût prononcés pour la lecture, les amoureux des livres sont, il me semble, plus que des lecteurs avertis, ce sont réellement des amoureux. Les amoureux des livres n’aiment pas seulement le contenu que leurs chers et tendres vont contenir mais aussi tout ce qui fait que le contenu à la possibilité d’être contenu.
Avant même d’ouvrir un livre, un amoureux des livres va s’en emparer pour le sentir, humer l’odeur de l’encre et du papier qui tantôt vous pique le nez ou vous détend. Cette odeur si particulière qui fait du livre entre nos doigts ce nouvel ami que nous allons apprivoiser. Puis il faut alors toucher les pages, la couverture, sentir sous les doigts la texture du papier, le relief léger du titre, tourner et retourner pendant de longues minutes ce livre, objet sacré entre nos mains, que l’on ouvre et que l’on referme comme s’il contenait ce secret que nous cherchons sans très bien savoir quelle est réellement sa nature. Noble et silencieux, il intimide et attire. Il n’y a pas de mots pour décrire les sentiments et l’attitude que la simple présence d’un livre, neuf ou ancien, peut nous faire éprouver. Digne d’une relique, si il a été désiré, il devient notre Graal perdu, ou plutôt, celui que l’on a trouvé.
Cet objet apparemment sans vie se retrouve, entre les mains de l’amoureux des livres, comme un être doté du pouvoir d’exister au même titre que n’importe quel inconnu que nous pourrions croiser dans la rue. Pourtant il a plus d’allure, plus de classe que la plupart de ces gens que l’on croise chaque jour sans vraiment les voir. C’est qu’on aime ces livres. On les aime comme des parties de nous bien qu’en réalité il ne soit plus véritable que des parties de d’autres, eux, les auteurs, ceux qui nous délivrent par le biais de nos amants que sont les livres, un petit morceau de ce qu’ils sont. Mais lorsque l’on est un amoureux des livres, ce n’est pas encore l’auteur que l’on aime, c’est véritablement l’objet-livre, son existence matérielle entre nos mains. Qu’importe au fond qu’il ne soit pas doté d’animation, sa simple présence dans nos bibliothèques rend parfois à la vie, grâce à ces regards amoureux qu’on leur lance parfois, ce bonheur que l’on ne trouve nulle part ailleurs.
Alors on les bichonne, on les dépoussière, on les range, on les classe et c’est parfois une terrible déchirure de voir à quelle vitesse ils ont vieilli. Seulement c’est là aussi que l’on reconnaît le livre d’un amoureux des livres. Les pages cornées d’avoir été trop souvent tournées, la couverture pâle et le blanc jauni des pages, c’est comme ces vieilles photos sépia que l’on retrouve dans les albums photos de nos grands parents. On y retrouve avec un faible sourire les souvenirs qui les concerne, les lieux où ils nous ont accompagné, les gens qu’ils ont rencontré, les mains qui les ont touché…
Mais au delà de tout ceci, les amoureux des livres vouent un respect total et entier à ces objets du quotidien qui sont à leur yeux autant de trésor sacré. Cela me rappelle ce professeur de français que j’avais lorsque j’étais en première. Je n’ai compris que plus tard, en agissant de la même manière que lui avec les livres, qu’il était un amoureux des livres. Quoi de plus normal, me direz-vous, pour un professeur de français. Seulement, c’était au delà de ce que je pensais.
Beaucoup d’amoureux des livres aiment, en bon lecteur qu’ils sont, cornés les pages pour la marqué lorsqu’ils interrompent leur lecture. Quoi de plus basique que cela ? Rien, sans aucun doute. Ces pages pliés accentues la vieillesse du livre et les souvenirs qui s’y rapportent, le rendant sans doute à nos yeux, plus honorable encore que lorsqu’il était neuf. J’étais de ces amoureux là, habituée à plier les pages pour quelques raisons que ce soit. Mais un jour de cours, tandis que nous étudions la peste de Camus, une grande partie de la classe n’assistant pas au cours à la suite de grève, je me retrouvais à étudier un des textes du livre, pliant parfois les pages sous le regard du professeur. Je me souviens qu’il était venu à ma table et m’avait dit, comme s’agissant d’un sacrilège : « Non, ne pliez pas les pages ! » et était ensuite retourné à son bureau. Il avait cherché quelques minutes dans sa mallette marron une vieille photocopie froissée dont il avait ensuite coupé quelques bandes. Revenant vers moi, il me les avait donné, pour que je cesse le carnage que je faisais avec les pages de ce pauvre Camus. Que j’écrive au crayon à papier dans le livre ne le dérangeait pas, lui-même le faisait dans le sien, mais à la vue de mes pliages sauvages, il avait comme été pris de pitié pour mon pauvre livre que je traumatisais à vie. Plier des pages était pour lui un moyen infaillible d’abimer le livre. Il avait raison sans aucun doute. Depuis ce jour, je ne plie plus une seule page de mes livres, je découpe bandes de papiers, utilise des post-it ou autres morceaux de papiers me permettant d’éviter mes anciens carnages. Mes livres gardent ainsi une part de leur jeunesse d’antan et quand malgré tout mes efforts je n’ai pas de papiers sous la main, c’est avec désespoir que je corne un minuscule coin de mon livre, en espérant que cela ne le marquera pas à vie. Je mets ainsi chaque fois un point d’honneur à ne plus leur faire subir ce martyr et pense parfois à ce professeur, songeant qu’il serait sans doute heureux de voir ma conversion à sa façon de marquer les pages.
Je parle de ce professeur parce que c’est le premier que j’ai découvert avec un tel respect et une telle passion pour ses livres. Un véritable professeur de français, je dirai même, de littérature, qui au delà du simple fait d’aimer ses lectures, aimait tout autant ses livres.
Et c’est en cela, que l’on reconnaît de véritables amoureux des livres qu’ils cornent les pages ou non. Ce ne sont pas de simples lecteurs, amoureux d’un contenu, ce sont des amoureux de la forme qui permet de contenir. Et bien qu’il ne faut pas juger un livre à sa couverture, les amoureux des livres le font, d’une certaine manière, bien qu’à leur yeux n’importe quel livre devient cet être que l’on aime pour ce qu’il est.
 
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Une amie bienfaitrice, un ange gardien

Vivre pour sa passion. Se vouer à elle au point qu’elle devienne notre raison de vivre. L’avoir en tête au réveil, sans même penser à quoi que ce soit d’autre et s’endormir le soir en y pensant, en ne songeant à rien d’autre. Être pour ainsi dire « soumis » à cette passion. Lui donner l’exclusivité de nos pensées, de nos actes, de nos paroles. La rendre unique à nos yeux, belle, plus encore que toutes les beautés que le monde peut nous offrir. S’oublier avec elle. Et cette sensation de plénitude, de bien-être infini qui nous enveloppe, nous entoure, nous calme et nous rassure. Lorsque les temps se font difficiles et qu’alors la vie semble vouloir nous faire baisser les bras, notre passion nous apaise, nous détend. Comme une amie bienfaitrice, un ange gardien, elle est là, toujours là, quelque part. Elle attend que nous soyons prêts à la laisser s’exprimer, à la laisser nous envahir, nous réchauffer de l’intérieur. Subtilement, elle s’installe en nous. Les douleurs, les peines, les malheurs et les soucis, avec quelques mots ou quelques gestes, elle les éloigne, les repousse. Béats et sereins, nous sommes fins prêts à l’écouter nous parler. Et soudain nous voilà transportés ailleurs, loin. Loin de cette vie qui n’est pas toujours à la hauteur de nos espoirs, loin de ce et « ceux » qui nous font mal, loin de nos désirs destructeurs, loin du monde réel, matériel. Nous ne sommes plus tout à fait nous-mêmes et pourtant nous sommes vraiment, enfin. Nous sommes nous, plus que jamais, c’est encore plus fort, encore plus vrai, encore plus… Il n’y a plus de doutes à avoir, plus d’angoisses, nous ne faisons plus qu’un. Perdus à des années-lumières d’une réalité imparfaite, il ne suffisait que d’un voyage imaginaire pour nous trouver, pour se retrouver, se découvrir et se redécouvrir. C’est comme si l’on plongeait dans un bon bain chaud après la plus rude de toutes les journées. C’est un délassement. Soudain les choses brillent d’un éclat nouveau, c’est une lumière claire, pure, plus belle encore que les premières lueurs du jour, plus magique encore que les étoiles dans le ciel par une nuit d’été. Nous voilà seuls avec elle et pourtant la solitude n’est plus qu’un mot usuel qui n’a pas de sens. Une seule chose nous obsède, nous hante, nous possède : elle, cette passion dévorante, inassouvie, insatisfaisante mais qui pourtant nous comble chaque seconde un peu plus. L’euphorie nous gagne, on a envie de rire, de crier, de hurler à la Terre ô combien cette passion-là est toute notre vie. Une joie sans nom s’empare de notre cœur et nous voilà, voguant sur les flots du bonheur, incapables d’apercevoir notre destination, indifférents d’ailleurs à celle-ci. Mais, comme dirait un certain Alfred « Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ? », enivrons-nous sans compter, sans savoir très bien où aller, je préfère encore le voyage à sa destination.

Encore plus merveilleux que les plus délicieuses mélodies, encore plus fort que les plus belles romances, notre histoire d’amour avec cette passion est ce que nous connaîtrons sans doute de plus beau. C’est bien d’ailleurs parce qu’elle ne s’attache à personne, que nous nous enchaînons à elle. Mais quelle douce chaîne que d’avoir une passion ! Quel plaisir immense que d’aimer d’amour, quelque chose que seul celui qui s’y attache peut comprendre ! Et dans nos yeux, notre cœur et notre corps tout entier, s’installe alors cette affection enflammée. Nous voilà amoureux, véritablement amoureux. Amoureux d’une passion, amoureux de ce sentiment aliénant qui pourtant nous rend libre. Enfin, nous voilà libres. Ayant choisi de nous donner à elle, la prison semble bien vaste, à vrai dire, on n’en voit pas réellement les frontières. On ne les cherchera pas. A quoi bon ? Plonger dans ce vaste océan d’euphorie, nous voudrions nous noyer dans ce plaisir. Et à ce moment précis, plus personne ne nous comprend, pas même ce « nous » que nous avons laissé à l’entrée, juste avant de dériver. Mais quand finalement il nous faut refaire surface, la passion, comme une petite voix rassurante, s’agite, murmure et rit à l’intérieur de nous. Le monde se matérialise de nouveau, nous revoilà, nous et notre corps, nous et notre vie. Seulement comment voir les choses comme elles étaient après ceci ? Et à chaque manifestation de notre passion, le monde est, à nos yeux, encore plus différent qu’avant.
 
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Par unpetitboutdemoienmots
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J’aime les mots

 

J'aime les mots
23 février 2013, 00h24 :
Les mots. J’aime les mots. Vraiment, réellement. Je ne pourrais jamais trahir les mots, ils représentent beaucoup à mes yeux. Je les aime c’est tout. Et pourtant, combien de fois m’ont-ils trahi, combien de fois me trahiront-ils encore, qu’importe dans le fond, à aucun moment il n’a été question qu’ils ne nous soient fidèles, ils ne demandent rien, c’est nous qui les invoquons. Certains les dénoncent avec agressivité, voir même avec une méchanceté féroce, dans l’espoir de démontrer que les mots ne sont rien, qu’ils ne valent rien. Seulement ils ont besoin de ces mêmes mots pour le faire, tout comme ceux qui les défendent et les protègent, à tout prix, ceux là aussi ont besoin des mots pour le faire. Et ceux qui ont alors tenté de les théoriser, de les expliquer, de les rendre mathématiques et logiques, à mes yeux, les dénaturer en somme. Pourquoi donc chercher à expliquer les mots ? Que nous ont-ils fait ? Si l’on y pense, pas grand chose. Malgré cela, ils détiennent un grand pouvoir. Plus grand que n’importe quel pouvoir qui puisse exister. En effet, ne peut on pas autant faire naître un homme que de le détruire avec la force et la vigueur de quelques mots soigneusement choisis ? Et alors, n’est ce pas dans le fond l’intention profonde de la personne qui a prononcé et écrit ces mots qui fait réellement quelque chose ? Ne peut-on pas dire qu’en somme, les mots ne sont qu’un outil parmi tant d’autres pour faire quelque chose aux autres. En bien ou en mal et même les deux parfois. Une arme aussi destructrice que constructive. Le paradoxe même. Les mots faits pour exprimer et pourtant insuffisant à notre expression, les mots en si large diversité de sons, de formes, de traductions et de langues ne suffisent jamais. A chaque mot prononcé, chaque mot écrit, ils nous trahissent, nous trompent et pourtant sont encore la chose qui nous permet d’être sincère dans un certain nombre de circonstances. Inutile de dire que les gestes peuvent autant nous trahir que les mots, bien que ces derniers sont sans doute beaucoup plus « conscients » si je puis dire, que les mots eux-même. Les mots ne font pas exprès de nous tromper, comme peuvent le faire des gestes qui, eux, dépendent de l’intention et du message que veut délivrer leur auteur, mais les mots sans le savoir, nous dépossèdent de ce que nous voulons vraiment exprimer. Évidement, d’autres avant moi ont réfléchi à la question et disaient ce que je résume ici grossièrement, mais je pense qu’ils avaient raison. Des traitres, voilà ce que l’on pourrait dire qu’ils sont si l’on souhaitait réellement les remettre à leur place. Cette bande de sons, de lettres et d’accents qui, tour à tour, nous ennuient, nous attristent, nous éloignent, nous rapprochent, nous exaspèrent, nous mentent, nous rendent justice, nous insultent, nous blessent, nous mordent, nous agressent, nous piègent, nous parlent… Et pourtant ils sont là, faisant parti intégrante de chacune de nos vies, ils savent tout mais ne disent dans le fond pas grand chose. Inventer ces mots a-t-elle été une si bonne chose pour nous ? Là encore les avis divergent, pourquoi aurait-ce été une bonne ou une mauvaise idée ? N’est-il pas trop tard pour se poser la question ?
Mais un certain de nombre de ces considérations me sont, il faut l’avouer, bien égal. J’aime les mots. J’aime ce que certains ont à dire, j’aime moins ce qu’en font d’autres à des fins plutôt douteuses. Mais malgré cela je crois en la beauté des mots. Oraux, écrits, utilisés à bons escient, par les bonnes personnes pour dire les bonnes choses ou du moins, celles que nous sommes prêts à entendre, je crois que les mots peuvent être beaux. Non, ils ne peuvent pas être beaux, ils sont beaux. Et dans n’importe quelle langue. A la fois amis et ennemis, les mots sont pour moi une des choses les plus importantes au monde. Combien de fois un simple « Salut ça va ? » prononcé avec le sourire m’a rendu le mien, combien de fois un compliment dissimuler a égayé ma journée, combien de fois même des mots que j’ai lu, écrit par d’autres gens à l’intention de tous, ont fait naître en moi ce bonheur de pouvoir à mon tour connaître ces mots là en étant à la fois récepteur lambda mais aussi lecteur privilégié, croyant naïvement que peut-être ces mots là me sont destinés, à la façon d’une espèce d’oracle, là pour nous empêcher de nous éloigner de notre but lorsque nous pensons que tout est couru d’avance. J’aime les mots comme on aime sa famille, ses amis, nobles et fières, ils envahissent notre vie, la possèdent tout entière. Prisonnier de leur sens, nous sommes incapables de les utiliser correctement. Qu’importe pour ma part, s’ils me trahissent souvent, si je ne les emploie pas toujours comme il conviendrait ou encore si justement je n’arrive pas à les retrouver voir même, à les prononcer quand il le faudrait, sans eux, sans doute, je ne pourrai vivre plus longtemps. Sans m’exprimer. J’ai besoin d’eux, presque autant qu’on a besoin de manger, de boire, de respirer ou de dormir. Ayant découvert assez tôt que j’étais capable moi aussi d’utiliser les mots, j’ai choisi d’en faire des amis et j’ai alors découvert qu’il suffisait parfois simplement de les « imprimer » sur du papier pour laisser quelque part, à l’abri de biens des tourments, quelques fragments d’une pensée si difficile à faire parler.
 
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Où va le monde ?

16 février 2013, 23h18 :

Où va le monde. Plus j’avance, plus je comprends ce qui se passe et plus je me demande vers quoi on va. Rien de fabuleux, je crois que c’est certain. Que nous soyons au 21ième siècle et que des tabous aient été levé, qu’enfin la sexualité soit beaucoup plus libérée, que nous exigions les mêmes droits quelque soit nos valeurs et convictions, que nous défendions ces droits et tout ce qui a pu nous permettre de vivre mieux, plus heureux, plus à l’aise aussi, je suis tout à fait d’accord. Mais quand je lis, quand j’entends voir même quand je vois certaine chose, je me demande vraiment où va le monde. Réduire notre capacité d’exister à des choses aussi basiques, s’en tenir à ce qui est « la norme », vouloir à tout prix être et faire comme tout le monde parce que après tout « c’est comme ça », « c’est dans notre culture ». Ne plus avoir d’ambition, plus de projet, pas même une once de passion pour quoique ce soit, oublier presque même que nous sommes dotés de raison et se comporter comme… des bêtes. Pas des animaux, non, même eux semblent avoir un peu plus de jugeote, mais des bêtes. Incapable de voir le monde et d’y vivre en réfléchissant par soi-même, en voulant juste, par tous les moyens, ressembler à son voisin, agir comme lui, parler comme lui, penser comme lui. Et pourquoi ? Mais si seulement je le savais je n’écrirai pas ceci. Aujourd’hui il faut avoir coucher avec un mec à 15 ans, être marié à 30 et avoir déjà trois enfants, travailler pour gagner beaucoup d’argent, acheter une grande maison avec piscine, un labrador et deux voitures et se plaindre, se plaindre de la vie, des gens, de ses voisins, de ses collègues, de ses amis, de son mari ou de sa femme, le/la tromper parce que dans le fond on sait plus très bien pourquoi on l’a épousé. Même chose pour les couples, même chose pour le métier qu’on choisi, même chose pour tout ce qu’on fait depuis notre entrée à la maternelle jusqu’à notre mise à l’hospice par nos petits enfants qui ne voudront pas s’occuper de nous parce qu’on ne constituera pour eux qu’un poids mort dérangeant qui à autant besoin de soin qu’un nouveau né. Et les gens continueront à vivre cette vie médiocre sans avoir à aucun moment pu imaginer qu’elle aurait pu être autrement s’il l’avait vraiment voulu. Ils désireront encore des choses inutiles parce que leur ami qu’ils envient secrètement a pu se les procurer. Ils coucheront avec les premiers venus parce qu’après tout c’est pas important d’aimer. Les sentiments c’est superflu, c’est pour les femmes et encore ! Celles qui pensent, celles qui réfléchissent et aussi toutes les connes naïves qui croiront qu’on les aime alors qu’il n’y a que leur cul qui intéressent. Vie pathétique qui recommence à l’infini et ce depuis des siècles. Chaque fois j’essaie d’expliquer, de comprendre qu’est ce qu’il peut bien y avoir de si génial que ça pour vouloir agir ainsi, aussi basiquement, sans jamais chercher à vivre pour soi, pour ce qu’on aime. Mais quand je dis ce qu’on aime, je ne parle pas de notre premier appart, d’une voiture clinquante ou d’un(e) petit(e) ami(e) qui nous fera nous sentir moins seul(e), je parle d’un truc qu’on aime vraiment, quelque chose qui nous ferait aller au bout du monde, quelque chose qui pourrait nous faire voyager chaque jour sans forcément quitter sa ville, quelque chose qui fasse que la vie, chaque matin, semble différente, quelque chose qui provoque chez nous l’émerveillement, l’étonnement, la surprise. Quelque chose qui ne change pas mais qui pourtant se renouvelle à chaque instant. Exister, exister vraiment. Pfff, qu’est ce que je fais, essayer de vous expliquer l’existence, vous me direz que c’est relatif, que certains préfèrent encore se vautrer dans une existence à l’allure confortable mais qui ne sera que misérable et sans intérêt et qui se diront sur leur lit de mort que finalement ils auraient peut-être du faire quelque chose de leur vie au lieu de gémir, de se plaindre et de vouloir des choses qui ne leur auront rien apportés. Oui, après tout, pourquoi s’emmerder puisque la vie nous tue. Restons médiocres et imbéciles jusqu’au bout, de toute façon, l’inverse ne nous avancent pas plus me direz-vous. Et encore, si vous lisez ceci. A croire que plus personne n’a d’âme. Ça aussi, à quoi bon en avoir une, autant vivre comme des automates en suivant le cours du temps et la foule. C’est tellement plus simple, tellement moins prise de tête et encore, ils auront des questions d’ordre primordiale comme comment gagner un max de frique sans en foutre une, comment avoir le dernier portable en vogue alors qu’on en a un qui fonctionne parfaitement, comment sortir du célibat, qui ennuie à mourir et nous oblige à vivre avec nous-même et quand sera la retraite et combien ça fera gagné. Mais au fond, on s’en fiche, je peux bien m’indigner et écrire des pages et des pages en racontant toujours la même chose, je ne changerai pas le monde. Tout au plus récolterai-je quelques insultes et quelques critiques bien sentis qui me diront d’aller me faire voir avec mes belles paroles et mes jugements de valeurs. Je dirai juste qu’il paraît qu’on est en démocratie, après à vous de voir. M’enfin, j’ai du mal à comprendre. Comment peut-on être heureux d’une existence comme celle là ? Comment peut-on vouloir vivre uniquement pour des choses sans intérêt et auxquelles on ne réfléchit pas ? Pourquoi être venu au monde si c’est pour perdre son temps de la sorte ?
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S’inventer une vie

 

Belle au bois dormant
Belle au bois dormant
 

20 Janvier 2013, 1h45 :

 
S’inventer une vie. Voir dans chaque chose qui nous arrive au jour le jour comme un événement exceptionnel. S’imaginer une tragédie quand le train est en retard, un drame lorsque le métro ne fonctionne pas, une rencontre inattendue lorsqu’on percute quelqu’un dans la rue qui s’excuse ensuite avec un sourire alors que ce n’était pas sa faute. Imaginer qu’on a un grand destin qui nous attend tout en se convainquant qu’on est comme notre idole, une personne sans talent qui devra sa réussite à sa seule volonté. Voir en nos professeurs des idoles qui détiennent ce que nous détiendront un jour, un peu comme des héros, des maîtres d’art martiaux qui doivent nous apprendre des techniques de combat afin que nous prenions la relève plus tard. Découvrir dans nos camarades des acolytes avec lequel aller de l’avant et combattre ensembles les ténèbres au moment des partiels. Imaginer comme une petite bulle dans laquelle personne ne peut entrer sans jouer le jeu, chacun à son rôle. Héros, maîtres, idoles ou amis, professeurs et célébrités. Quelle différence ? Simplement un regard différent, une autre façon de vivre les choses. Et si la vie n’était qu’une aventure ? S’il ne tenait qu’à nous de décider à quelle aventure chaque jour de notre vie appartient ? Et si j’avais envie de vivre au XIXème siècle un jour et de devenir voyageuse de l’espace le lendemain ? N’y a-t-il pas une trace de ces gentlemen anglais du XVIIIème dans ces jeunes qui nous tiennent une porte lorsqu’on les précède ? Et si au fond, ce professeur à l’air de Sherlock n’était pas réellement détective ?
Les livres sont des machines à remonter le temps ou à traverser l’espace, le métro est un porte-au-loin digne de Harry Potter, chaque jour nous côtoyons elfes, lutins, farfadets, loup-garou, troll, ogres, fées, centaures, nains et autres créatures extraordinaires. Nous re rencontrons des personnes que nous connaissions déjà, sans doute d’une autre vie, peut-être venu vers nous pour une quelconque raison dont nous ignorons encore tout. Le destin essaie parfois de nous retarder, en retardant notre train, un leprechaun place un trèfle à quatre feuille sur notre chemin, au moment où nous nous y attendions le moins. Certains jours tout est contre nous, d’autres tout nous sourit. Un jour héros, un autre simple étudiant(e). Un jour futur célèbre écrivain, philosophe ou artiste et le lendemain jeune ignorant(e) avec pour seul préoccupation que la salle et le cours auquel on doit assister. Il y a de la magie au quotidien et même si le réveil est parfois difficile, la simple idée qu’on va encore pouvoir se raconter une histoire collant à la perfection avec l’enchaînement de nos évènements d’une journée donne du courage pour la journée. Que se passera-t-il aujourd’hui ? Rencontre avec un ange ou pacte avec le diable ? Et si demain était meilleur encore ?
 
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Les philosophes

 

Les philosophes
6 décembre 2012 :
A vrai dire, les philosophes sont, de mon point de vue, loin de l’image première que l’on s’en fait. On s’imagine des êtres solitaires, le nez plongé dans d’épais livre poussiéreux, passant leur journée et leur nuit à ruminer des textes dans l’espoir d’apercevoir ne serait-ce qu’une lueur de vérité. Les philosophes ne sont pas tellement des personnes comme celles là. Au contraire. Je pense que les philosophes sont justement des personnes qui aiment les gens. Des personnes qui aiment échanger et partager, qui aiment communiquer avec autrui. Après tout, aussi loin que l’on puisse remonter dans la philosophie, les plus grands maîtres penseurs étaient les premiers à dire que la recherche de la vérité passe par le dialogue et qu’autrui est celui qui permet à chaque homme de se découvre lui-même. Les philosophes sont des hommes de la communication, du partage et de l’échange. Ils ont, je crois, besoin des autres, de leurs amis, de leur famille, de personnes extérieures pour provoquer en eux ces sentiments qu’aucun livre ne pourra leur faire ressentir. Il y a chez eux, certes, une passion peut être démesurée aux yeux de certains, concernant la réflexion et la poursuite de la vérité, la découverte de la sagesse, le plaisir de l’apprentissage et le bonheur de penser mais je suis convaincue, qu’un philosophe qui se respecte est un homme qui aime autrui. Éprouver du plaisir à lire, à penser, à chercher, c’est tout simplement fantastique, mais comment profiter pleinement de tout ceci si il n’y a pas en face de soi un interlocuteur avec qui le partager. C’est dans le regard de ces personnes. Certains de nos professeurs, même, ont dans le regard cette lueur démente de la passion qui les anime avec tant d’ardeur, qu’il est lisible à leur façon de faire leurs cours, qu’ils cherchent dans nos jeunes regards encore naïfs s’il n’y a pas cette étincelle qui luit. Ils bégayent presque, leur pensée allant plus vite que leurs paroles, un flot continue d’un bonheur qui se renouvelle à chaque fois qu’ils parlent de ce qu’ils aiment. Ils en deviendraient presque aussi fou que ces amants maudits des romans de littérature. Leur amour pour ce qu’ils font et le bonheur qui en découle de pouvoir le partager avec d’autres est tellement énorme, que seul celui qui ne comprend rien à la philosophie ne comprendra pas pourquoi ces élans de « folie ». Les philosophes sont des fous ? Pas tellement. Des asociaux ? Loin de là. La vérité, il me semble, c’est que justement ils ne savent pas transmettre les choses de la même manière que tout le monde. Certains ont besoin d’exubérance dans les gestes, dans les paroles, d’autres sont obligés de s’arrêter quelques minutes, le regard dans le vague, comme dans un autre monde, une autre dimension tellement le langage humain est pauvre pour les aider à s’exprimer. Les vraies philosophes ont besoin des autres pour pouvoir vivre et faire vivre leur passion. Seulement ils ne savent pas s’adresser aux gens comme ces derniers le voudraient. Alors les gens ont peur, ils collent une étiquette et prétendent que ce sont des fous. Des illuminés. Mais c’est faux. Dit on d’un amoureux que c’est un illuminé, qu’il est fou ? D’amour peut être, mais alors, les philosophes sont simplement fous de savoir et de connaissances ! Originaux ? Oui. Étrange ? Oui. A des années lumières de ce qu’on a l’habitude de voir ? Oui. Ils n’ont pas peur d’eux même à vrai dire, ils sont ce qu’ils sont et l’expriment. Les gens les fuient, les jugent. Je trouve au contraire que ce sont des personnes tout à fait extraordinaires ! Sans adhérer à tout ce qui a été dit, on peut être d’accord, ou non et se laisser aller à être ceux que l’on est vraiment. Parce que c’est cela qui compte, le vrai. Que ce soit en nous, hors de nous, ce que l’on apprend de la vie ou ce que l’on apprend sur nous. Être vrai. Il faut parfois savoir prendre les choses à l’envers pour pouvoir les remettre à l’endroit, ou simplement monter sur une table pour avoir un œil nouveau sur une situation. Mais qui ose vraiment le faire ? Si dans le fond, au delà de leur passion « dévorante » qui leur fait engloutir quantité de livres inimaginables et parler en langage semi-codé pour le commun des mortels, ne sont-ils pas, eux aussi, humains ? Hommes dotés de sentiments humains mais qui cherchent à comprendre, à savoir, et à se connaître ? Je crois que pour un philosophe, autrui, l’autre en face de soi est celui qui peut nous apporter les réponses qui ne sont pas inscrites dans les livres et même avec, quand on y pense, n’y a-t-il pas un petit morceau de l’âme de ces illustres maîtres, cachés entre quelques lettres imprimées qu’ils nous ont légué, faute de ne pas avoir pu être présent pour nous enseigner leur pensée ? A mes yeux, le philosophe n’est pas un ermite solitaire qui terminera sa vie au beau milieu des livres sans famille ni ami. Certes, il aura cette passion des livres, mais il a besoin non seulement de famille et d’amis mais aussi d’élèves, de disciples, auxquels transmettre cette « philosophie de vie ». Car dans le fond, la philosophie, n’est ce pas, au delà d’un simple domaine de connaissance, toute une manière de voir et d’appréhender la vie ?
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