Un petit bout de moi en mots

"On ne pense que par image. Si tu veux être philosophe, écris des romans." Albert Camus

 

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Un petit bout de moi en mots

Dans : Non classé
Par unpetitboutdemoienmots
Le 14 mars 2014
A 23 h 47 min
Commentaires : 0
 
 

Challenge de A à Z

 

Challenge de A à Z, c’est ici sur le forum :)

Challenge de A à Z dans Challenges challe18

 

Liste des livres lu pour le challenge :

- B -

Jacques A. Bertrand, Comment j’ai mangé mon estomac

- R  -

Jean-Jacques Rousseau, Du Contrat Social (en cours de lecture)

- S -

Walter Scott, Ivanhoé (en cours de lecture)

- V -

Philippe Vasset, La conjuration

Dans : Challenges
Par unpetitboutdemoienmots
Le 10 mars 2014
A 0 h 04 min
Commentaires : 0
 
 

Jacques A. Bertrand, Comment j’ai mangé mon estomac

 

 

Jacques A. Bertrand, Comment j'ai mangé mon estomac dans Roman des étudiants 2014

Résumé :

Sous la forme d’un récit poétique et léger, Jacques A. Bertrand retrace la chronique facétieuse de sa maladie. Avec un étonnant mélange d’humour, de flegme et de sagesse, il dépeint tous les aspects de son expérience – des plus absurdes aux plus douloureux – et atteint sans conteste le sommet de son art.

Ce bon vieux docteur Knock l’avait bien dit : « La santé est un état précaire qui ne présage rien de bon. » Pourtant, avant qu’Anatole Berthaud (double de Jacques A. Bertrand, bien connu de ses aficionados) n’apprenne qu’une tumeur s’est logée à l’entrée de son estomac, jamais il ne s’était préoccupé outre mesure de cette région de son abdomen. Par malchance, au même moment, sa compagne se découvre une tumeur au sein. Plus tard, atteinte d’un accès de mélancolie aiguë, elle se retrouvera dans un service de réanimation (coma profond). D’aucuns trouveraient la situation désespérante. De fait, elle l’est, et pourtant c’est avec une irréductible insouciance, et un sens de l’humour libéré de toute complainte, que le narrateur décrit l’univers inhospitalier de l’ « hôpital » ; le peu d’empathie du personnel soignant ; la dignité qu’on abandonne en remettant son corps à la médecine ; l’attente interminable qui devient le lot quotidien du « patient » ; le deuil de sa liberté lorsqu’on est astreint à résidence dans une chambre vétuste rappelant davantage une cellule.

Affronter avec humour et philosophie une des circonstances les plus graves de l’existence, telle est la réussite de ce récit enthousiasmant. Avec une pudeur à la hauteur de sa légendaire élégance physique et morale, Jacques A. Bertrand a manifestement le souci de ne pas faire peser sur le lecteur ses grandes et petites misères. Il instaure avec lui une complicité immédiate. Poète ingénu évoluant dans le monde froid et rationnel de la médecine, son « héros» (digne de la situation) prend le contrepied du lamento et nous régale de ses reparties loufoques qui surprennent son entourage.

Car Jacques A. Bertrand l’a bien compris, la maladie est une métaphore et, à ce titre, un pur objet littéraire. Tout symptôme est d’abord une expression de soi, comme l’est la littérature. Si le narrateur de ce récit déclare avoir mangé son estomac, nul doute alors que Proust avait délibérément aspiré ses bronches, et Montaigne calcifié ses reins. Mais la souffrance physique est rarement un sujet de plaisanterie et peu d’auteurs sont parvenus, comme Jacques A. Bertrand, à mettre à distance leur calvaire. Chez lui, la seule voie possible consiste à s’en remettre encore et toujours à l’écriture, et au plaisir de faire de bons mots, à défaut de bon maux. Avec l’insolence de s’amuser de tout et même de sa maladie, il conserve cet esprit insoumis et espiègle si nécessaire à la traversée des grandes turbulences. Et comme il le répète sans cesse : « Il restera toujours les dîners au clair de lune, les soirs de fin d’été. »

Ma critique : A venir

 

Nombres de pages : 112

Paru le 9 Janvier 2014 aux Editions Juillard

 

 

 

 

 

Dans : Roman des étudiants 2014
Par unpetitboutdemoienmots
Le 9 mars 2014
A 16 h 36 min
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Philippe Vasset, La conjuration

Philippe Vasset, La conjuration dans Roman des étudiants 2014 conjuration

Résumé quatrième de couverture :

J’ai créé une secte. C’était, au départ, une entreprise purement commerciale. Jusqu’à ce que j’y prenne goût: fonder une religion est la dernière oeuvre possible.

Ma critique : A venir

 

Nombres de pages : 230

Paru le 28 août 2013 aux Editions Fayard

Dans : Roman des étudiants 2014
Par unpetitboutdemoienmots
Le
A 16 h 27 min
Commentaires : 0
 
 

Alexandre Postel, Un homme effacé, Gallimard

 

 

Un homme effacé, Alexandre Postel

Résumé quatrième de couverture :

Damien North est professeur de philosophie dans une université cossue. Veuf, il mène une vie triste et solitaire. Mais un jour, il est embarqué par la police qui l’accuse d’avoir téléchargé sur son ordinateur des images provenant d’un réseau pédophile… L’affaire fait grand bruit, d’autant que Damien est le petit-fils d’Axel North, figure politique historique. L’inculpé a beau se savoir innocent, chacun se souvient d’un geste, d’une parole qui, interprétés à la lumière de la terrible accusation, deviennent autant de preuves à charge. Même une banale photo de sa nièce, unique enfant de son entourage, ouvre un gouffre d’horribles suppositions. Le terrible engrenage commence tout juste à se mettre en marche. Alexandre Postel décrit avec acuité la farce des conventions sociales, les masques affables sous lesquels se cachent le pouvoir, la jalousie ou le désir de nuire – et les dérives inquiétantes d’une société fascinée par les images.

 

Ma critique :

Damien North, professeur de philosophie, veuf depuis plusieurs années, mène une vie de solitaire paisible, monotone. Timide et en marge il ne cherche rien si ce n’est qu’on le laisse vivre. Jusqu’au jour où la police débarque chez lui et l’accuse d’avoir téléchargé des images provenant de réseaux pédophiles. Il est l’accusé idéal. Personne ne le connaît assez pour parler de lui, tout le monde le trouve assez étrange pour avoir commis ce dont on l’accuse. Sa personnalité sera pour lui son pire fardeau. Pourtant il est innocent, il le sait. Les questions se succèdent. Suis-je innocent ? Ai-je pu faire ce dont on m’accuse ?  La colère et la révolte font place au doute. A chaque instant de sa douloureuse expérience nous éprouvons ce qu’il ressent. On croit en son innocence, on veut la défendre avec colère et rage avant de sombrer dans l’abime du « peut-être ». Peut-être n’est-il pas innocent, peut-être nous ment-il. La duperie devient réelle, chaque élément qui l’accable est grossier mais suffisant pour faire trembler le fragile équilibre de son intégrité. Bourreau ou victime ? On perdrait nous aussi la tête rien qu’en tentant de répondre à ses interrogations. L’auteur nous promène parmi tous ses sentiments les plus contradictoires. On hait les gens qui ont tout fait pour l’accabler, on se range un temps de leur côté pour revenir auprès de notre personnage. La première impression était la bonne mais l’auteur parvient à nous faire douter de notre propre capacité de jugement.

Nombres de page : 256

Paru le 10 Janvier 2013 aux Editions Gallimard

 

 

Dans : Roman des étudiants 2014
Par unpetitboutdemoienmots
Le 11 février 2014
A 12 h 54 min
Commentaires : 0
 
 

Confiance en soi

10 avril 2013 :

A des années lumières du doute cartésien, nous voilà face à un autre type de doute. Ce doute qui nous prend pour tout et n’importe quoi, ce doute qui nous perturbe et nous trouble, celui qui nous fait hésiter et craindre. Craindre quoi au fond ? Qu’avons nous à perdre à tenter ces petites choses insignifiantes que tout le monde ose faire sans se poser de question ? Une peur incontrôlable du regard des autres ? Des moqueries que cela pourraient faire naître ? Peur de quoi au juste ? Et pourtant ça nous ronge de l’intérieur, impossible de dire un mot, impossible de faire un geste, on hésite et on se dit « Et si… ». Et si quoi ? Dans un état de tension perpétuelle entre une volonté qui se voudrait plus extravertie et sûre d’elle et une raison trop peureuse pour nous laisser agir. On se freine volontairement et on reste avec l’envie et le regret de ne pas avoir fait. Les conseils se succèdent, comment vaincre cela, comment enfin laisser de côté cette petite voix qui nous demande à chaque fois « Tu es sûr ? Et si tu faisais mal ? Si c’était moins bien que ce que font les autres, tu vas passer pour quoi ? » et alors on reste là, immobile, avec l’envie de crier ce qu’on a sur le cœur, l’envie d’aller se mêler à la foule et de parler, parler de tout sans avoir de doute, sans se demander si on est réellement à la hauteur de nos paroles. Être à la hauteur, on ne l’est pas, du moins, on aime peut-être à le croire histoire d’excuser notre incapacité. On se dit que les autres font mieux, que les autres sont mieux, que de toute façon on n’est rien face à eux. Et lorsqu’on ose finalement se lancer dans quelques choses on se dit « Mais qu’est-ce qu’on fait les autres ? Suis-je aussi bien ? » et puis on se dit que non, que ça sert à rien. C’est ce regard, leur regard, deux yeux qui nous fixent lorsqu’on parle, deux yeux qui nous transpercent, nous dépossèdent, nous décortiquent, nous jugent. Mieux vaut rester silencieux et attendre que nous passe l’envie, peut-être que ça vaut mieux, au fond on est plus tranquille. Et pourtant ce silence nous gêne, pourquoi devrait-on se taire alors que les autres s’expriment ? Pourquoi nous freinons-nous de la sorte ? Que risquons-nous ? Une pique ironique, un refus, un sourire, une bonne ou une mauvaise blague… Enfin quoi ! Ce n’est peut-être pas si terrible ! Pourtant… On veut s’élancer et on se retient, un peu comme quand on n’a pas encore décidé si on allait sortir de notre lit ou y rester, ce moment où l’esprit nous pousse en avant et où notre corps nous tire en arrière. Impossible alors ni d’ouvrir la bouche, ni d’avancer, c’est une tension perpétuelle avec une question, en boucle qui tourne dans la tête « Je le fais ou je ne le fais pas ? » et quand on pense « Je le fais » tout notre corps se met à trembler, comme si il se refusait le moindre mouvement, l’esprit se bat, tente de prendre le dessus, les pieds veulent avancer, les lèvres veulent s’ouvrir, la voix se déployer et pourtant tout reste coincé à l’intérieur, comme figé, noyé… Le cœur s’emballe alors on se dit « Je ne le fais pas » tout se calme, les muscles se détendent, l’esprit abandonne. Pourtant on n’est pas plus soulagé. On se demande comment et pourquoi une fois encore on n’a rien fait, rien oser, rien tenter… La déception prend le dessus, abattus, on se remet à se questionner, à douter…Pourquoi est-ce si simple pour les autres ? Alors on se dit qu’on vaut moins que les autres, qu’on a raté quelque chose, que de toute façon on n’y arrivera jamais. Et dans ces moments là, on se dit qu’on est bien seul au monde à manquer autant de confiance en soi.
 
Moi en mots
Dans : Mes textes
Par unpetitboutdemoienmots
Le 3 janvier 2014
A 23 h 22 min
Commentaires : 0
 
 

« On fait le lit dans lequel on se couche »

13 septembre 2013, 22h07 :
Je dois être utopiste. La réponse à tout cela, c’est sans doute celle là « je dois être utopiste ». Il semblerait que la plupart des personnes choisissant la philosophie et poursuivant dans ce domaine jusqu’au master en sortent désenchantées, désabusées pour ne pas dire carrément déçues. Mais qu’attendaient-ils au juste de la philosophie ? Peut-on réellement en attendre quelque chose ? La question que je me pose alors est : qu’est ce qui a pu les motivés à entreprendre des études en philosophie si au terme de leur cinq années d’études leur premiers mots pour ce qui est, d’après eux, un épanouissement personnel sont que ça ne sert à rien, qu’ils en sont de nouveaux au commencement en ayant passer cinq ans à courir après… Dieu sait quoi. Ils viennent ensuite sur les groupes de discussion où s’inscrivent les jeunes « recrues » de la philosophie qui peut-être n’ont pas plus l’intention qu’eux de devenir professeur ou même philosophe mais qui envisagent malgré tout d’avancer et de faire quelque chose de ces années d’enseignements qu’ils vont recevoir et ces gens là viennent, en quelque sorte, rabrouer leurs élans passionnés, tiédir leur ambition voir même carrément faire désespérer de sortir de là dedans avec un bagage sous le bras. On peut alors s’interroger sur la réellement ambition de ces gens-là qui après avoir épuisé leur stock de volonté décident subitement d’arrêter de se battre ou encore qu’elle est la véritable raison qui les a poussé à entamer des études de philosophie pour finalement dire qu’à part leur épanouissement personnel, il ne leur reste plus qu’à s’inscrire au chômage et se réconforter en lisant les grands philosophes le soir après avoir fait son petit travail minable, si tant est que l’on en est un. J’ai de nouveau l’impression de me retrouver face à ces gens que durant trois ans m’ont dit : « Un bac L ? Mais que vas-tu faire avec ça ? », « Une licence de philosophie ? Mais qu’est ce que tu vas faire après ça ? Ah… prof. Oui. ». Mais grand dieu ! Qu’est ce que la philosophie a tant que ça qui la fait nous fermer les portes du monde du travail ?! En quoi étudier l’anglais ou l’histoire va-t-il plus nous avantager que d’apprendre la philosophie ? Et puis, si au fond ça les fait chier à la fin parce que le job ne leur tombe pas tout cru sur le coin de la gueule, pourquoi ont-il choisi cela ? Par goût ? Pour pouvoir dire d’un air hautain lors d’un dîner « Moi j’ai fais de la philosophie ! » alors qu’ils n’en vivront pas ? Il n’est pas nécessaire d’être passé par la Sorbonne ou l’ENS ou même les deux pour faire quelque chose de sa vie avec la philosophie ! Le problème vient peut-être alors du fait qu’ils ne savent PAS réellement ce qu’ils veulent faire, qu’ils n’ont jamais cherché à le savoir et que peut-être ils ne le sauront jamais. Je ne prétends pas mieux qu’eux savoir ce que je ferais à la sortie de mon master, mais je sais tout ce qu’il est possible de faire ensuite. Ou du moins, je sais pas mal de chose qui me sont possibles. Les choix sont multiples, les débouchés largement plus nombreuses que ce que prétendent les conseillères d’orientation du lycée qui nous regardent d’un air attendri en disant : « Oh oui, tu peux bien faire ça, c’est ton avenir et c’est à toi de décider… mais tu sais il y a … ». Pourquoi avoir étudié la philosophie si en arrivant au bout vous vous dites « Qu’est ce que je fais là ? Qu’est ce que je vais faire ? Comment ? ». N’y avez-vous pas réfléchi un peu avant ? Même si c’était flou, vague, déformé et incertain, pourquoi ne pas avoir commencé à construire ? Un professeur de philosophie m’a justement dit un jour que choisir d’étudier la philosophie ce n’était pas seulement apprendre à philosopher mais que c’était aussi un combat quotidien, un bataille à mener chaque jour avec plus de force et d’énergie que la veille parce que ce n’est pas facile de la faire admettre comme étant capable de nous faire devenir quelqu’un. Il disait qu’il fallait la force et le courage d’assumer son choix et la sensation que me donnent ces gens, à pleurer sur leur sort, me semble être à s’y méprendre un moment de faiblesse où ils ont baissé les bras sans envisager de les lever de nouveau. On n’est pas obligé d’être professeur ou chercheur ou maître conférencier en philosophie parce qu’on a fait de la philosophie. La philosophie ce n’est pas qu’un domaine d’enseignement dans lequel on apprend plus ou moins chronologiquement qui a pensé ou écrit quoi à quel moment et dans quel contexte. La philosophie ne serait plus alors qu’histoire de la philosophie voir tout au plus littérature philosophique. Non ! La philosophie ce n’est pas seulement apprendre à philosopher, c’est vivre la philosophie, c’est sentir, penser, croire, espérer, rêver la philosophie, chaque jour de manière différente. Choisir la philosophie, c’est choisir de s’ouvrir au monde, aux autres, c’est vouloir enfin voir les choses autrement, pas comme elles semblent être, pas comme on nous dit qu’elles sont, c’est voir les choses avec un regard nouveau, un regard d’enfant, naïf, qui (re)découvre la vie à chaque réveil. Comment se lasser d’une telle magie ? Comment restreindre notre enseignement de la philosophie à de la doctrine pure et simple qui nous conduiraient alors inévitablement à demander des aides financières et le chômage ? Comment considérer la philosophie comme des années de temps perdu à l’exercice de quelque chose dont finalement on doute ensuite parce que cela ne mènera plus nulle part si ce n’est à notre perte ? La société nous conditionne, veut nous faire croire qu’on n’a pas besoin de philosophie ni même de philosophes, qu’à part des boulets pour la société tout cela ne sert à rien si ce n’est à créer encore plus de misère alors qu’il y en a déjà tant. Pourquoi serait-ce vrai ? Pourquoi donnerions-nous raison à cette société, à cette époque qui est la notre ? Pourquoi baisserions nous les bras au premier obstacle ? Pourquoi devrions-nous cesser d’agir en « utopiste » alors que ce statut est tout à fait conciliable avec la réalité ? Un peu de juste mesure, une dose de raison, n’est ce pas de cela dont nous avons besoin pour réussir ? Savoir quelles sont les éventuels limites à nos rêves et si ils en comportent de trop nombreuses comment les contourner, les dépasser ? Devenir finalement plus libre que le commun des mortels en choisissant notre vie telle que nous la souhaitons et en mettant tout en œuvre selon les règles pour y parvenir. Même si actuellement il m’arrive encore de douter de mes capacités, de mon avenir, de mes possibilités et de ce que la société m’autorisera ou non à faire plus tard, je ne veux pas croire que choisir la philosophie c’est s’écarter de la réalité. Au contraire, je crois qu’on s’en approche plus que personne d’autre, qu’on voit les choses avec plus de clarté et parfois aussi avec la plus douloureuse des vérités possibles à contempler. Non ce n’est pas facile de choisir la philosophie et de s’y tenir, ce n’est pas facile de trouver quelque chose à faire avec elle, à l’état pur s’entend mais en aucun cas elle ne nous prive de notre liberté de choisir parmi toutes les possibilités qui s’offrent à nous de faire ce qu’il nous plaît. Je suis intimement convaincue que le pire frein à notre accomplissement personnel, c’est nous-même. La société est devenue une excuse, une responsable de notre malheur et de notre condition. Pourtant il existe un vieux proverbe qui dit : « On fait le lit dans lequel on se couche ». Alors ?
Moi en mots

Dans : Mes textes
Par unpetitboutdemoienmots
Le
A 23 h 21 min
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Semaine Internationale du livre 2013

« Cela vous arrangerait-il d’obtenir une petite avance ? »

C’est la semaine internationale du livre. La règle : saisir le livre se trouvant le plus proche de vous, ouvrez à la page 52 et retranscrivez la 5ème phrase en guise de statut. Ne mentionnez pas le titre. Copiez la règle à la suite de votre statut et copier la 5ème phrase en commentaire à la suite de ce statut.
Jouez le jeu, même sur un blog en article, c’est amusant ;)
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Par unpetitboutdemoienmots
Le
A 23 h 19 min
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Qu’est ce que la philosophie ?

17 juillet 2013, 00h08 :

Je vais vous dire ce qu’est la philosophie, je vais vous dire comment je la vois, comment je la ressens, comment je la perçois. Je vais vous dire ce qu’elle est pour moi, ce qu’elle représente. La philosophie, au delà d’être cet universel que l’on cherche, cette vérité que l’on tend à approcher, cette recherche du bonheur, c’est … c’est tout un monde mais sans barrière, sans frontière. La philosophie n’est ni substance ni territoire, la philosophie c’est tout. C’est dans nos réveils difficiles, c’est dans nos pénibles journées, c’est dans le sourire d’inconnus aimables, c’est dans ces livres qui nous attendent sagement dans les bibliothèques, c’est dans ces lieux dont l’histoire transpire sur leurs murs. C’est toute notre vie et ou du moins toute la mienne. La philosophie ce n’est pas seulement un professeur, des élèves et une salle de classe, ce n’est pas seulement un homme à moitié fou qui délire dans un langage incompréhensible, le regard comme fou. Ce n’est pas répondre à toutes les questions d’un air condescendant et satisfait, ce n’est pas avoir toujours raison, ce n’est pas passé sa vie à rédiger des thèses et des livres longs et ennuyeux. Ce n’est pas finir au fond d’un carton à insulter les passants, ce n’est pas être un parasite bavard qui s’accroche à la société comme une tique avide de sang, ce n’est pas une volonté constante de tout remettre en cause, de tout contester quitte à passer pour un anarchiste. Ce n’est pas être anarchiste. La philosophie c’est une autre façon de voir le monde, c’est s’ouvrir à lui avec plus de force et d’énergie qu’on ne l’a jamais osé. C’est parlé avec le monde, dialogué avec lui, apprendre de lui. La philosophie ça se vit, ça vit. C’est en nous, ça fait parti de nous comme l’air que l’on respire, comme les battements de notre cœur. La philosophie c’est ouvrir de grands yeux étonnés sur le monde, sur ce qu’on découvre, sur ce qu’on apprend. C’est être possédé par la passion de savoir, d’aimer le savoir. Plus on en sait et moins on a l’impression d’en savoir mais qu’importe on n’est jamais déçu, on veut aller plus loin, être plus près encore de la philosophie. On voudrait la toucher si elle était sensible, on voudrait lui parler si elle était physiquement humaine, on l’aime. On l’aime avec cette même passion que l’on aime l’aimé et plus encore peut-être. On goûte chaque jour au bonheur qu’elle nous donne lorsqu’alors tout semble ne pas aller. Elle surgit au détour d’un mot, d’une phrase, d’une idée et nous fait oublier nos désillusions. Elle nous déconnecte du monde et pourtant on y est encore plus lié que si l’on se contentait de le regarder comme on le fait naturellement. La philosophie nous permet le doute, nous interroge, nous remet en question mais elle nous console aussi, elle nous surprend, nous étonne, nous émerveille chaque jour plus encore que la veille. La philosophie c’est être nous-même, c’est faire transpirer par tous nos pores, à travers notre peau ce que nous sommes. La philosophie c’est quand ces professeurs nous font cours avec ce sourire de bonheur irréductible, avec ces regards flamboyants de passion démente et qui nous tiennent en haleine, comme dans un livre de fiction, où tout peut arriver, à n’importe quel moment lorsque soudain la philosophie nous prend et on voyage, on voyage dans le temps, dans l’espace, dans notre esprit, dans le monde sans faire un mouvement. On touche à l’intouchable, on ressent l’insensible, on voit l’invisible. La philosophie c’est ce manque qui nous comble, ce désir qui ne nous fait pas souffrir, ce plaisir indescriptible que nulle autre chose au monde n’est capable de procurer. La philosophie c’est la plus unique des choses qui touche à tout, qui traverse tous les mondes, tous les temps et qui jamais au grand jamais ne nous déçoit. La philosophie ça me rend le sourire, ça me remplit quand je me sens vide, vide de sens, vide d’idées, de pensées, vide de joie. La philosophie me fait me sentir à ma place. La philosophie c’est un morceau de moi ou peut-être suis-je un morceau d’elle, je ne sais pas. Qu’importe au fond, j’aime la philosophie plus que je ne saurai jamais aimé quelqu’un de la sorte. Chaque jour elle change ma vie, mon monde, mon regard sur les choses. Chaque jour elle m’apporte plus que ce que quelques uns m’ont apporté en plusieurs années. Et quand bien même il me semble que rien ne me sourit, la philosophie, à travers le titre d’un de mes livres prônant fièrement dans ma bibliothèque, me rappelle qu’elle est là et le sera toujours. Oui je peux le dire, j’ai fais une rencontre qui a bouleversé ma vie quand j’ai rencontré la philosophie. Elle est plus qu’une discipline à mes yeux, elle est l’amie qu’il manquait à ma vie.
Moi-en-mots
Dans : Mes textes
Par unpetitboutdemoienmots
Le
A 23 h 18 min
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Les amoureux des livres

 

Oeuvres romanesques, Sartre, Collection Pléiade. Sur ma terrasse :)
Œuvres romanesques, Sartre, Collection Pléiade. Sur ma terrasse :)
 
31 mai 2013, 23h10 :
 
Je fais partie de ces gens que l’on appelle de ce petit nom que j’affectionne « des amoureux des livres ». Loin de n’être qu’un terme désignant des personnes ayant un goût prononcés pour la lecture, les amoureux des livres sont, il me semble, plus que des lecteurs avertis, ce sont réellement des amoureux. Les amoureux des livres n’aiment pas seulement le contenu que leurs chers et tendres vont contenir mais aussi tout ce qui fait que le contenu à la possibilité d’être contenu.
Avant même d’ouvrir un livre, un amoureux des livres va s’en emparer pour le sentir, humer l’odeur de l’encre et du papier qui tantôt vous pique le nez ou vous détend. Cette odeur si particulière qui fait du livre entre nos doigts ce nouvel ami que nous allons apprivoiser. Puis il faut alors toucher les pages, la couverture, sentir sous les doigts la texture du papier, le relief léger du titre, tourner et retourner pendant de longues minutes ce livre, objet sacré entre nos mains, que l’on ouvre et que l’on referme comme s’il contenait ce secret que nous cherchons sans très bien savoir quelle est réellement sa nature. Noble et silencieux, il intimide et attire. Il n’y a pas de mots pour décrire les sentiments et l’attitude que la simple présence d’un livre, neuf ou ancien, peut nous faire éprouver. Digne d’une relique, si il a été désiré, il devient notre Graal perdu, ou plutôt, celui que l’on a trouvé.
Cet objet apparemment sans vie se retrouve, entre les mains de l’amoureux des livres, comme un être doté du pouvoir d’exister au même titre que n’importe quel inconnu que nous pourrions croiser dans la rue. Pourtant il a plus d’allure, plus de classe que la plupart de ces gens que l’on croise chaque jour sans vraiment les voir. C’est qu’on aime ces livres. On les aime comme des parties de nous bien qu’en réalité il ne soit plus véritable que des parties de d’autres, eux, les auteurs, ceux qui nous délivrent par le biais de nos amants que sont les livres, un petit morceau de ce qu’ils sont. Mais lorsque l’on est un amoureux des livres, ce n’est pas encore l’auteur que l’on aime, c’est véritablement l’objet-livre, son existence matérielle entre nos mains. Qu’importe au fond qu’il ne soit pas doté d’animation, sa simple présence dans nos bibliothèques rend parfois à la vie, grâce à ces regards amoureux qu’on leur lance parfois, ce bonheur que l’on ne trouve nulle part ailleurs.
Alors on les bichonne, on les dépoussière, on les range, on les classe et c’est parfois une terrible déchirure de voir à quelle vitesse ils ont vieilli. Seulement c’est là aussi que l’on reconnaît le livre d’un amoureux des livres. Les pages cornées d’avoir été trop souvent tournées, la couverture pâle et le blanc jauni des pages, c’est comme ces vieilles photos sépia que l’on retrouve dans les albums photos de nos grands parents. On y retrouve avec un faible sourire les souvenirs qui les concerne, les lieux où ils nous ont accompagné, les gens qu’ils ont rencontré, les mains qui les ont touché…
Mais au delà de tout ceci, les amoureux des livres vouent un respect total et entier à ces objets du quotidien qui sont à leur yeux autant de trésor sacré. Cela me rappelle ce professeur de français que j’avais lorsque j’étais en première. Je n’ai compris que plus tard, en agissant de la même manière que lui avec les livres, qu’il était un amoureux des livres. Quoi de plus normal, me direz-vous, pour un professeur de français. Seulement, c’était au delà de ce que je pensais.
Beaucoup d’amoureux des livres aiment, en bon lecteur qu’ils sont, cornés les pages pour la marqué lorsqu’ils interrompent leur lecture. Quoi de plus basique que cela ? Rien, sans aucun doute. Ces pages pliés accentues la vieillesse du livre et les souvenirs qui s’y rapportent, le rendant sans doute à nos yeux, plus honorable encore que lorsqu’il était neuf. J’étais de ces amoureux là, habituée à plier les pages pour quelques raisons que ce soit. Mais un jour de cours, tandis que nous étudions la peste de Camus, une grande partie de la classe n’assistant pas au cours à la suite de grève, je me retrouvais à étudier un des textes du livre, pliant parfois les pages sous le regard du professeur. Je me souviens qu’il était venu à ma table et m’avait dit, comme s’agissant d’un sacrilège : « Non, ne pliez pas les pages ! » et était ensuite retourné à son bureau. Il avait cherché quelques minutes dans sa mallette marron une vieille photocopie froissée dont il avait ensuite coupé quelques bandes. Revenant vers moi, il me les avait donné, pour que je cesse le carnage que je faisais avec les pages de ce pauvre Camus. Que j’écrive au crayon à papier dans le livre ne le dérangeait pas, lui-même le faisait dans le sien, mais à la vue de mes pliages sauvages, il avait comme été pris de pitié pour mon pauvre livre que je traumatisais à vie. Plier des pages était pour lui un moyen infaillible d’abimer le livre. Il avait raison sans aucun doute. Depuis ce jour, je ne plie plus une seule page de mes livres, je découpe bandes de papiers, utilise des post-it ou autres morceaux de papiers me permettant d’éviter mes anciens carnages. Mes livres gardent ainsi une part de leur jeunesse d’antan et quand malgré tout mes efforts je n’ai pas de papiers sous la main, c’est avec désespoir que je corne un minuscule coin de mon livre, en espérant que cela ne le marquera pas à vie. Je mets ainsi chaque fois un point d’honneur à ne plus leur faire subir ce martyr et pense parfois à ce professeur, songeant qu’il serait sans doute heureux de voir ma conversion à sa façon de marquer les pages.
Je parle de ce professeur parce que c’est le premier que j’ai découvert avec un tel respect et une telle passion pour ses livres. Un véritable professeur de français, je dirai même, de littérature, qui au delà du simple fait d’aimer ses lectures, aimait tout autant ses livres.
Et c’est en cela, que l’on reconnaît de véritables amoureux des livres qu’ils cornent les pages ou non. Ce ne sont pas de simples lecteurs, amoureux d’un contenu, ce sont des amoureux de la forme qui permet de contenir. Et bien qu’il ne faut pas juger un livre à sa couverture, les amoureux des livres le font, d’une certaine manière, bien qu’à leur yeux n’importe quel livre devient cet être que l’on aime pour ce qu’il est.
 
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Par unpetitboutdemoienmots
Le
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